Samedi 31 Octobre, 2020

Les centrales de Varreux ne sont plus sous le contrôle de la SOGENER

A l'intérieur de l'une des centrales de Varreux. Photo archives : Page Facebook/Sogener.

A l'intérieur de l'une des centrales de Varreux. Photo archives : Page Facebook/Sogener.

Nouvel épisode dans le conflit opposant l’Etat haïtien et la Société Générale de l’Énergie (SOGENER). Hier vendredi 22 novembre 2019, le Parquet de Port-au-Prince accompagné des responsables de l’EDH, ont repris le contrôle des sites hébergeant les centrales électriques de Varreux. Décision prise par les autorités judiciaires, 24 heures après avoir lancé une invitation aux responsables de la compagnie, qui ne se sont pas présentés.

Après plusieurs jours de menaces, l’administration Moïse/Lapin passe de la parole aux actes. En effet, le commissaire du gouvernement a.i de Port-au-Prince, Jacques Lafontant, accompagné de policiers, d’un juge de paix et des responsables de l’EDH, ont repris la possession et pleine jouissance des centrales électriques de Varreux, que gérait la Société Générale d’Energie (SOGENER).

« Il s’agit d’une décision prise conformément à l’ordonnance du doyen du tribunal de première instance de Port-au-Prince, en date du 21 novembre », lit-on dans un document signé par le Chef du Parquet de la capitale. Le Commissaire du gouvernement avait indiqué que « les agents de la police et le juge de paix procéderont à la prise de corps des délinquants en cas de résistance ou d’obstruction à l’exécution de l’ordonnance ».

« Mwen pa gen okenn atach, map rebati sa cheniy yo manje… Mwen fè silans poum pa deranje fanmim ak avokam, men mwen pap fè won pòt. Jusqu’à la victoire finale », a réagi Dimitri Vorbe, Vice-président de la compagnie, sur son compte Twitter, quelques heures après l’intervention des autorités policières et judiciaires aux centrales électriques.

Soulignons qu’avant cette ordonnance du doyen du tribunal, l’État haïtien, à travers plusieurs cabinets d’avocats avait porté plainte contre la Sogener, ses propriétaires ainsi que d’anciens fonctionnaires de l’État. Le gouvernement avait demandé à la justice de mettre l’action publique en mouvement contre les sieurs Réginald Vorbe Fils, Jean-Marie Vorbe, Dimitri Vorbe, Roger Lefèvre, Élizabeth Débrosse, Frantz Vérella, Serge Raphaël et Daniel Dorsainvil. En ce sens, plusieurs invitations avaient été émises par le Parquet de Port-au-Prince.

Attendues le 21 novembre dernier, ces personnalités ne se présentaient pas. Elles devraient répondre des faits de faux et usage de faux en écriture privée, de surfacturation, d’enrichissement illicite, d’association de malfaiteurs et d’abus de confiance.

Dans une note d’information rendue publique le même jour sur compte Twitter, la Société Générale d’Énergie a évoqué la situation de tension qui régnait aux alentours du Parquet, pour justifier leur absence. La SOGENER indique avoir formellement signifié, par huissier, au tribunal de première instance de Port-au-Prince, par le biais de ses avocats, son choix de ne pas se présenter au jour et à l’heure fixée. « La décision de la compagnie de ne pas répondre à l’invitation, loin de constituer une irrévérence, n’est que l’implémentation d’une stratégie légale, retenue et juridiquement argumentée par nos avocats conseils, tels qu’admis par les lois haïtiennes », a écrit la compagnie dans cette note d’information.

Avant cette invitation, soit le 13 novembre, les responsables de l’institution avaient écrit aux ministre des Finances et des Travaux Publics, pour solliciter une réunion avec la participation de l’ED’H. Les principaux objectifs de cette rencontre, selon la correspondance de la Sogener, étaient de donner suite aux conclusions de la réunion du 22 octobre dernier, et également trouver une solution amiable en exécution de l’article 23.1 du contrat. Il est stipulé dans cet article : « En cas de contestation, les deux (2) parties essaieront de trouver une solution à l’amiable dans les 30 jours suivant une notification de l’une ou l’autre des parties ».

Rappelons que l’un des avocats de la compagnie, Me Jean Danton Léger, avait invité le gouvernement démissionnaire à prouver par-devant la justice les cas de surfacturation, de vol, d’escroquerie et d’abus de confiance évoqués. Il y a environ 2 semaines, la SOGENER avait annoncé un rationnement du courant électrique dans la région métropolitaine de Port-au-Prince, faute de carburant.

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