Jeudi 18 Avril, 2019

Les Bangladais aux urnes, douze morts en marge du scrutin

Des électeurs dans une file d'attente devant un bureau de vote de la capitale bangladaise Dhaka le 30 décembre 2018

Des électeurs dans une file d'attente devant un bureau de vote de la capitale bangladaise Dhaka le 30 décembre 2018

Au moins douze personnes ont péri dimanche en marge des législatives au Bangladesh, dont la campagne avait déjà été ternie par des violences meurtrières et des accusations de répression à l'encontre de milliers de militants de l'opposition.

Le scrutin, qui devrait accorder un quatrième mandat à la Première ministre Sheikh Hasina, s'est achevé à 16H00 locales (10H00 GMT), ayant donné lieu à un important déploiement de forces de sécurité.

Mais ses détracteurs la décrivent comme une autocrate en germe qui a emprisonné sa rivale emblématique Khaleda Zia et réprimé la dissidence avec des arrestations en masse de militants d'opposition, des disparitions forcées et des lois draconiennes qui musèlent la presse.

Le gouvernement a annoncé avoir déployé 600.000 membres de la police, de l'armée et d'autres forces de sécurité pour prévenir des violences dimanche, lors du onzième scrutin législatif depuis l'indépendance du Bangladesh en 1971.

Les décès annoncés dimanche portent à 14 le nombre de morts confirmées par la police depuis l'annonce, le 8 novembre, de la date du scrutin.

D'après les sondeurs, Sheikh Hasina, dont le père Sheikh Mujibur Rahman fut le premier président du Bangladesh, semble en passe de décrocher facilement son troisième mandat consécutif de cinq ans depuis 2008, après un premier passage au pouvoir entre 1996 et 2001, un record dans l'histoire du pays.

Sa coalition doit remporter 151 sièges lors du scrutin majoritaire uninominal.

Des responsables de bureaux de vote dans la capitale ont fait état d'une faible participation dans la matinée.

Le parti de Khaleda Zia, opposante et ennemi jurée de Mme Hasina, a également accusé la commission électorale de partialité, ce qu'elle a nié. Le parti fait état de 15.000 militants emprisonnés depuis le 8 novembre.

"Nous faisons de notre mieux pour avoir une élection libre et équitable", a déclaré à l'AFP un responsable de la commission électorale, Rafiqul Islam, répondant aux inquiétudes de l'ONU et des États-Unis qui s'interrogent également sur la crédibilité du processus électoral.

"Ce n'est pas une élection libre et équitable. C'est plutôt une sélection contrôlée", a déclaré un diplomate occidental sous couvert d'anonymat.

"Nous n'avons eu aucune explication", a déclaré à l'AFP le directeur de l'information de Jamuna TV, Fahim Ahmed. "Nous diffusons. Mais personne au Bangladesh ne peut nous voir".

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