Lundi 18 Novembre, 2019

De janvier à mars, plus de 100 personnes tuées, selon le RNDDH

Illustration : AFP

Illustration : AFP

En Haïti, de janvier à mars 2019, 101 personnes ont été tuées dont 13 policiers, selon le Réseau national de défense des droits humains (RNDDH) qui dénonce, entre autres, le fait pour des autorités étatiques d'être de connivence avec des chefs de gang.

Le réseau national de défense des droits humains (RNDDH) se dit particulièrement préoccupé par la dégradation de la situation des droits humains  en Haïti. Une situation qui est, selon le RNDDH caractérisée, par l’insécurité grandissante, la protection des bandits armés en mèche avec des hommes politiques, des attaques perpétrées à l’encontre des membres du personnel de santé; des décès dans les centres de détention y compris l’économie nationale en défaillance.

Selon un rapport de l’organe de défense des droits humains, pour la période allant de janvier à mars 2019, 101 personnes ont été tuées dont 13 policiers. "Soit en moyenne, trente-trois (33) personnes par mois dont quatre (4) policiers", souligne le RNDDH qui revient sur le carnage perpétré à Carrefour-feuilles le 24 avril 2019. Alors que les informations officielles font état de 6 morts, le RNDDH, lui, parle de 9 personnes tuées lors de cette attaque et de plus d’une dizaine de blessés.

Dans ce rapport de 12 pages, le RNDDH condamne le fait par des autorités de l’Etat d’être en connivence avec les chefs de gang. Ce qui, selon l'organe de défense des droits humains, donne aux fauteurs de trouble des longueurs d’avance sur la police lors des opérations policières visant à traquer les bandits.

Dans le même sillage, le RNDDH dénonce la mauvaise pratique des magistrats dans les tribunaux. « Les magistrats assis et debout s’adonnent au trafic d’influence et à la corruption. Le 13 avril 2019, une délégation de pouvoir a été donnée par le substitut commissaire du gouvernement de Port-au-Prince, Me Wesley  Paul à la DCPJ  pour ouvrir une enquête sur les bandits de La Saline. En date du 19 avril, la police a appréhendé les bandits Willy Saint-Val et Audrienson Jean. Trois (3) jours plus tard, le substitut commissaire Jeanty Souvenir a ordonné la relation de ces présumés criminels en dehors des procédures tracées par la loi, révèle le RNDDH.

Les décès des prisonniers dans les centres de détention font également partie des préoccupations du RNDDH. Pendant les quatre premiers mois de l’année 2019, pas moins de 26 détenus ont perdu leur vie dans prisons de plusieurs villes du pays. A la prison civile de Port-au-Prince, 10 détenus ont été décédés. A la prison d’Anse-à-Veau, trois (3) décès ont été enregistrés ; aux Gonaïves, trois (3) détenus ont été décédés, à Petit-Goâve, cinq (5) décès ont été enregistrés et à Miragoâne, on a répertorié deux décès.

Fort de ces scabreux constats, le RNDDH recommande aux autorités policières et judiciaires de prendre des mesures afin de renforcer la sécurité des citoyens et sanctionner les magistrats qui n’agissent pas selon la loi. Quant au pouvoir exécutif, le RNDDH l’appelle à mettre sur pied des politiques publiques afin de réduire la pauvreté dans le pays.

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