Dimanche 31 May, 2020

La Gonâve: un policier coupeur de dreadlocks bientôt sanctionné?

Michel Ange Gédéon

Michel Ange Gédéon

Tandis qu’en Californie, une loi vient d’être adoptée le 3 juillet interdisant toute discrimination sur les coupes des cheveux telles que la coupe afro, les dreadlocks, en Haïti, à La Gonâve plus précisément, il est rapporté qu'un agent de police a coupé les tresses d'un jeune homme en ce mois de juillet. Certains parlent même d'une opération « koupe dread ». 

En effet, en début de la semaine dernière, une vague de panique a été soulevée dans la communauté dread suite aux informations faisant croire que dorénavant des policiers, à la Gônave, prennent plaisir à couper des dreadlocks. Sur les réseaux sociaux, les réactions ne se sont pas fait attendre. Les gens n’ont pas tardé à exprimer leur colère face à ces actes jugés sans fondement et "injustes". 

De ce fait, une marche a été organisée le 12 juillet 2019 à Port-au-Prince avec un public provenant majoritairement de la communauté des étudiants de l’Université d’Etat d’Haïti (UEH), afin de dénoncer ces actions perpétrées contre leurs semblables sur l’île de la Gonâve.

« Dread yo pap koupe » fût le principal cri de bataille des participants à cette marche. Les protestataires dénonçaient une police "instrumentalisée et qui a failli à sa mission première de protéger la population. Ils précisent en passant que les dreads n'ont rien à voir avec les nombreux problèmes auxquels le pays fait face à l’heure actuelle.

Le 12 juillet, le directeur général de la police nationale a réagi suite à un tweet de l'humoriste et activiste, Gaëlle Bien-aimé, sur cette pratique contre laquelle elle s'est exprimée ouvertement. En réponse à la publication de l'actrice, le DG Michel-Ange Gédéon a promis que des "sanctions" seront prises contre "le policier" ayant commis cet acte.

Le numéro 1 de la PNH souligne également que cette action "ne fait pas partie de ce que représente" l'institution qu'il dirige, même si par le passé, de tels cas ont déjà été signalés.

Les dreadlocks peuvent être l’expression d’une conviction religieuse ou spirituelle, d’une idéologie politique, ou tout simplement une préférence de mode. En Haïti, le port des dreadlocks n’est pas une simple coiffure mais plutôt une forme de rupture au conformisme, le symbole d’une implication socio-politique.

Un policier a-t-il le droit de décider si une personne doit oui ou non garder ses dreadlocks ? N’est-ce pas une violation des droits de la personne ?

Martyna Dessources

 

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