Jeudi 21 Juin, 2018

Le poète haïtien John Wesley Delva en lice pour un prix à Montréal

"Je suis retenu pour le texte Montréal n'est pas une île rose dans lequel j’adopte une posture à la fois critique et poétique", John Wesley Delva. Photo: John Wesley Delva

"Je suis retenu pour le texte Montréal n'est pas une île rose dans lequel j’adopte une posture à la fois critique et poétique", John Wesley Delva. Photo: John Wesley Delva

L’académicien Dany Laferrière disait qu’Haïti est un pays où l'on doit justifier sa vie en publiant au moins un recueil de poèmes. Cette déclaration remonte au mois de mai 2015, lorsqu’il était allé prendre séance à l’Académie française.

Aujourd’hui, l’assertion garde encore toute sa fraicheur pour les Haïtiens-amateurs de belles lettres, également sa part de délicatesse pour un pays avec un pourcentage élevé d’illettrés auxquels le pays n’a jamais tendu un seul livre leur vie durant.

Un an après avoir débarqué à Montréal pour des raisons d’études, l’ancien journaliste de Radio Télé Caraïbes (RTVC), John Wesley Delva, semble-t-il, a été obnubilé par l'antienne de Laferrière. Il a publié à la fin du mois de février son premier recueil de poésies intitulé : « Des songes pour habiter la nuit ».

Il a dit lui-même que : « Les textes traduisent, dans un lyrisme cru les désirs les plus fous et les plus irréels. C'est un déploiement vers le réel et l'irréel, à dire vrai. On y trouve tout un jeu de contradictions qui propulse le lecteur vers un monde nuancé et dual ».

La première soirée de vente signature a attiré une belle brochette de personnalités haïtiennes et canadiennes habitant le Québec, dont Frantz Benjamin, homme politique canadien très influent dans la communauté montréalaise. Le jour même, une soixantaine d’exemplaires sont écoulés. Delva emprunte la notion de « succès » pour qualifier cette soirée « hors-norme » à ses yeux d’enfant de Petit-Goâve.

Tout ne fait que commencer. Le natif de la cité soulouquoise se trouve actuellement en lice dans le cadre de la sixième édition du concours de poésie Antidote du Québec. Il a affirmé son contentement à la rédaction de Loop Haïti, cet après-midi.

« Je suis retenu pour le texte "Montréal n'est pas une île rose" dans lequel j’adopte une posture à la fois critique et poétique », explique-t-il, sa voix enveloppée d'une joie intense. Il confirme que ce texte ne figure pas dans le précédent recueil.

En Haïti, il a étudié les sciences juridiques et l’anthroposociologie à l’Université d’État d’Haïti (UEH). Il poursuit aujourd’hui ses études de deuxième cycle à l’Université de Montréal, filière Communication politique.

« Je resterai Haïtien », prévient celui qui alliait, de son temps sur la Chaine 22, professionnalisme et engagement au quotidien à travers des prises de position publiques. « L’actualité politique d’Haïti engendre de la frustration ». Cette fois, le ton a changé et c’est la fin d’une conversation fructueuse et débordante d’énergie.