Mardi 7 Juillet, 2020

Le poète haïtien Georges Castera est parti

Georges Castera / http://lecaravanseraildespoetes.blogspot.com

Georges Castera / http://lecaravanseraildespoetes.blogspot.com

C’est une triste nouvelle ! Georges Castera fils vient de tirer sa révérence, ce vendredi 24 janvier à l'âge de 83 ans, en sa résidence à Pétion-ville. Le poète d’expression créole résistait depuis plusieurs années à une maladie qui a finalement mis fin à ses jours.

Outre écrivain, Castera était aussi dessinateur, éditeur et membre fondateur de l'Association des écrivains haïtiens. Ses œuvres resteront gravées sur la table de la littérature haïtienne comme le patrimoine qu’il est.

Un homme ne saurait-être mort quand sa mémoire vit dans celle des autres. « Place ta chaise face à l’horizon et traverse les murs avec moi », a-t-il écrit.

Georges Castera fils est né le 27 décembre 1936 à Port-au-Prince (Haïti). Il était le fils du médecin haïtien Georges Castera. Passionné de poésie, Castera a abandonné ses études de médecine pour se consacrer à une carrière de poète. Très jeune, il commence à produire dans ce Port-au-Prince envoûté par les lettres.

« Il rencontre des auteurs comme René Bélance, Jacques-Stephen Alexis, Félix Morisseau-Leroy, Paul Laraque, les frères Marcelin, Anthony Lespès et des peintres comme Bernard Wah, Hervé Télémaque, Jacques Gabriel, Dieudonné Cedor, Max Pinchinat, Roland Dorcely… À partir des années 50, il se fait connaître dans les journaux de Port-au-Prince et est accueilli chaleureusement par les aînés », lit-on de Rodney Saint-Eloi sur sur Ile-en-ile.

Klou gagit, son premier texte en créole sera publié à Madrid en 1965. Plus tard, dans les années 70, il s’est installé à New York, où il mène une vie d’exilé politique du fait de son opposition à la dictature des Duvalier.

En plus d’être militant politique de gauche, Castera était connu pour être un vrai militant de sa langue vernaculaire. Le 1 juillet 2012, Jean Durosier DESRIVIÈRES a écrit sur ses œuvres : « Cette voix résonante, à la fois éloquente et réticente, solitaire et solidaire, tangue entre deux langues: une langue de l’écrit, privilégiée, minoritaire – le français – et une langue d’oralité, défavorisée, majoritaire – le créole. La poésie de langue française du créateur se veut le fruit d’un héritage assumé qui se contamine d’une tradition littéraire n’épargnant ni Apollinaire, ni Eluard, ni Césaire… Celle de langue créole – code linguistique fabriqué sur l’ancienne habitation coloniale – s’efforce de rayonner de plus en plus par son statut d’écriture. Derrière cet écrit, davantage imbibé de références à la culture populaire, le poète s’érige à la fois en polémiste, critique littéraire et défenseur d’une langue:

Mo kreyòl yo se tanbou-m

Tanbou m’bat la rèk

Tanbou m’bat la sèk («Tanbou kreyòl», Rèl)

(Les mots créoles sont mes tambours

Tambours aux tams-tams secs

Tambours aux tams-tams rauques) »

Cette même année, le poète était invité d’honneur de Livres en Folie.

Manifestement, Castera est considéré comme l’une des plus grandes figures de la poésie haïtienne contemporaine. Ses poèmes créoles ont été mis en musique par Lody Auguste, Atis Endepandan, Pierre-Rigaud Chéry, Marcel Nouvrier,  Wooly Saint Louis Jean notamment.

La rédaction de Loop présente ses condoléances à toute sa famille.  

Mariah C. Shéba Baptiste

Cet article a été mis à jour à 6:50 PM

 

 

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