Jeudi 23 May, 2019

Lycée Marie-Jeanne peine à être reconstruit neuf ans après le séisme

Le visage de l'ancien local délaissé à l'Impase Lavaud, Bois-Verna. Les chantiers de reconstruction peinent à démarrer neuf ans après le violent séisme qui a ravagé l’île./Photo: Luckenson Jean

Le visage de l'ancien local délaissé à l'Impase Lavaud, Bois-Verna. Les chantiers de reconstruction peinent à démarrer neuf ans après le violent séisme qui a ravagé l’île./Photo: Luckenson Jean

Neuf ans après la catastrophe meurtrière du 12 janvier 2010, le lycée Marie-Jeanne, un des plus anciens établissements scolaires publics du pays, peine à être reconstruit. Les travaux de reconstruction n’ont pas encore démarré, a constaté notre reporter d'images Luckenson Jean qui s’est rendu sur les lieux.

 

Chaises, bancs et tables sont empilés sur la cour du Lycée détruit par le séisme du 12 janvier 2010. L’école porte encore dans sa chair les stigmates d’un puissant cataclysme. Le censeur des études académiques laisse flotter un tas de douloureux souvenirs dans sa mémoire. Ce mardi 12 janvier fut un « coup dur pour le lycée » qui comptait des centaines d’enfants nichés, ce jour-là,  dans plus d’une vingtaine de salles de classe, souffle Chérilus Jean Gérard Fils. 4h45 quand la cloche a sonné pour que les enfants, sortis de récréation, reprennent les cours. Quelques secondes plus tard, « tout bougeait sous nos pieds », indiquaient M. Gérard Fils et  Wilner Dalisien, professeur de français.

 

Une partie de l’école s’est écroulée, témoignent-ils. Et à l’époque, on n’était pas entraîné à de tels types de catastrophe. On est encore loin des exercices de prévention qui seront promus des années plus tard. « 12 enfants environ ont perdu leur vie », se rappelle en larmes la direction, le corps professoral ainsi qu’une dizaine de familles sont affectées par ces pertes.

Neuf ans après, la reconstruction de cet ancien établissement scolaire public traîne encore. L’école est aujourd’hui délogée et placée dans un autre local de manière provisoire.  Wilner Dalisien parle d'une situation « révoltante ».

Tôles pourris, chaleur suffocante, une cour en proie à des inondations : entassés sous des hangars construits de bois, les écoliers continuent de suivre leurs cours dans des conditions inacceptables, poussant le personnel académique à observer des arrêts de travail. Mais jusqu’ici, rien n’est encore fait, regrette Mr Dalisien. L’espace de la rue Lavaud est délaissé, le nouvel abri n’est pas aménagé et l’État n’a donné aucun signe de reconstruction.

Chérilus Jean Gérard-Fils appelle les plus hautes instances étatiques, en particulier le ministère de l’Éducation nationale, à tenir ses promesses et de reconstruire le lycée.

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