Lundi 14 Octobre, 2019

Victime d'une attaque armée, le journaliste Kendi Zidor porte plainte

Le journaliste Kendi Zidor, attaqué le 16 juillet par des individus armés au niveau de Delmas 60./Photo: Compte Facebook.

Le journaliste Kendi Zidor, attaqué le 16 juillet par des individus armés au niveau de Delmas 60./Photo: Compte Facebook.

Kendi Zidor, reporter et éditorialiste au journal Le National, a été victime d’une attaque à Delmas 60, le mardi 16 juillet. Sa voiture a été atteinte de plusieurs projectiles. Le rédacteur en chef de la radio privé Solidarité, qui n’a pas été touché physiquement, a porté plainte ce 19 juillet, selon ce qu'il confié à la rédaction de Loop Haiti ce vendredi.

Les journalistes haïtiens continuent d’être cibles d’individus armés circulant en motocyclettes ou en véhicules privés. C'est le cas de Kendy Zidor dont la voiture a reçu plusieurs balles dans la soirée du 16 juillet 2019. Selon les premières informations dont dispose la rédaction de Loop, les assaillants qui le suivaient à motocyclette lui ont fait signe de s’arrêter, ce qu’il n’a pas fait. Puis ils ont ouvert le feu sur le véhicule.

Pour Zidor, il ne s'agit pas d'un cas à mettre dans le panier "du grand banditisme" auquel le pays fait face en ce moment. "Je ne veux pas que les gens se disent que c'est du grand banditisme, dit-il. Il y a en ce moment de nombreux dossiers que la presse tente de faire avancer. Moi personnellement, j'ai des positions sur des sujets, notamment celui du massacre de La Saline dans le cadre duquel je ne cesse d'exiger que justice soit faite". 

"Cette attaque contre moi, tout comme celle contre d'autres journalistes, me montre qu'on [les travailleurs de la presse, ndlr] fait un travail très dangereux, que la liberté de la presse est en danger et que les autorités sont de plus en plus intolérantes. Je crois qu'il y a des mains politiques derrière ce qui se passe, parce que les journalistes sont attaqués et les autorités ne font rien pour faire avancer les dossiers", a-t-il fait savoir, citant en passant les cas de Rospide Pétion, de Vladjimir Legagneur entre autres.

Le journaliste en a profité pour annoncer qu'il a porté plainte formellement ce vendredi 19 juillet, au commissariat de Delmas 33. Et pour l'instant, vu la manière dont les choses se sont produites et le choc émotionnel provoqué par l'attaque, une pause s'impose. "Je vais prendre une pause", a-t-il poursuivi tout en indiquant qu'il ne va pas pour autant s'arrêter ou abandonner son métier.

Des bandits armés continuent d'attaquer de plein fouet les professionnels dont la mission première est d’informer la population. Plusieurs organismes de droits humains et associations de médias ont déjà élevé leur voix contre ces attaques qui ne font que semer la peur chez les journalistes, de plus en plus exposés à de hauts risques d’agressions dans l’exercice de leur profession.

A rappeler que dans la soirée du lundi 10 juin, Pétion Rospide, copropriétaire de Radio Sans Fin (RSF) et présentateur à la station, a été tué par balles, ce que des associations de médias avaient dénoncé avec la plus grande véhémence. Pour l’heure, les circonstances de l’assassinat du père de famille ne sont pas connues.

Dans ce sombre palmarès où la presse haïtienne se sent menacée, l’on retrouve deux autres figures dont les circonstances ne sont jamais élucidées : Jean Dominique et Jacques Roche. Sans oublier le cas du photojournaliste vladjimir Legagneur, porté disparu depuis le 14 mars 2018, alors qu'il était sorti réaliser un reportage à Grand-Ravine.

Rosny Ladouceur et Raoul Junior Lorfils

 

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