Lundi 19 Août, 2019

Le gaspillage des fonds Petrocaribe était planifié, selon D’Meza

Auguste D’Meza/ Photo: internet

Auguste D’Meza/ Photo: internet

La Plateforme des Organisations Haïtiennes des Droits Humains (POHDH), dans le cadre de son programme baptisé « les vendredis de la plateforme », a organisé une conférence-débat ce 26 octobre 2018, autour du thème « les stratégies juridico-administratives pour aboutir à un procès équitable du Petrocaribe ».

De l’avis du professeur d’Université Auguste D’Meza, l’un des intervenants de cette activité, la dilapidation des fonds Petrocaribe a été prévue et voulue. Il développe ses arguments en tenant compte de l’indifférence manifestée, dit-il, des institutions du pays, dont la cour supérieur des comptes et du contentieux (CSCCA), le Parlement haïtien, les ministères de la planification et de la coopération externe et de l’économie et des finances. « Ces structures n’ont pas fait montre d’une volonté de remplir leurs fonctions en vue d’éviter que les fonds vénézuéliens soient dilapidés », s’insurge monsieur D’Meza.

Le sociologue dit apporter son plein soutien à la mobilisation des citoyens dans différentes villes du pays qui exigent que les dilapidateurs des fonds Petrocaribe soient jugés et emprisonnés. Il attire l’attention des Petrochallengers sur le fait qu’ils ne doivent pas négliger les personnalités du secteur privé des affaires qui ont bénéficié des contrats évalués à des sommes mirobolantes dans le cadre du dossier Petrocaribe.

Par ailleurs, le professeur D’Meza dit ne pas être convaincu que les révocations effectuées par le président Jovenel Moïse autour de son entourage, impacteront la mobilisation citoyenne.

De son côté, Me Kébreau Zamor croit que les conditions ne sont pas réunies pour la tenue du procès Petrocaribe. Analysant le coté juridique de la question, le magistrat n’a pas caché son désaccord face à la dépendance du pouvoir judiciaire par rapport aux deux autres pouvoir de l’Etat. Il justifie sa position par la manière de nommer les juges.

En ce qui concerne l’instruction de l’affaire Petrocaribe, Me Zamor croit qu’il serait préférable que le travail soit confié à un collège de juges instructeurs pour un procès équitable. Si le Premier ministre Jean Henry Céant croit bien faire en adoptant de nouvelles dispositions pour renforcer la sécurité du magistrat Ramoncite Accimé instruisant le dossier Petrocaribe, Me Zamor dénonce avec véhémence cette initiative de l’exécutif, enclenchée sans l’aval du Conseil Supérieur du Pouvoir Judicaire (CSPJ).

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