Dimanche 18 Novembre, 2018

Le foot allemand rejette les accusations de racisme après le départ fracassant d'Özil

Mesut Özil battu avec l'Allemagne au Mondial en Russie par la Corée du Sud, le 27 juin 2018 à Kazan

Mesut Özil battu avec l'Allemagne au Mondial en Russie par la Corée du Sud, le 27 juin 2018 à Kazan

La Fédération allemande de football (DFB) a rejeté en bloc lundi les accusations de racisme proférées par Mesut Özil qui a claqué avec fracas la porte de la sélection nationale, suscitant un profond émoi dans un pays en pleine interrogation sur l'intégration.

Le milieu de terrain d'origine turque, au centre d'une vive polémique depuis une photo en mai où il s'affiche avec le président turc Tayyip Recep Erdogan, n'a pas mâché ses mots à l'encontre du président de la DFB, Reinhard Grindel, un ancien député conservateur et pourfendeur durant sa carrière politique du multiculturalisme.

"Je ne suis toujours pas accepté dans la société", a plus largement dénoncé le joueur, né dans le bassin industriel de la Ruhr et dont le père turc est arrivé à l'âge de 2 ans en Allemagne.

Le milieu de terrain peut se targuer néanmoins du soutien d'Angela Merkel qui avait posé avec lui en 2010 pour une poignée de main symbolique alors que l'équipe allemande s'ouvrait lentement à la diversité.

Son club anglais d'Arsenal lui a également exprimé sa solidarité en lançant sur Twitter: "Notre diversité est une grande partie de pourquoi nous sommes un club si particulier".

Le journal a dénoncé lundi "une démission faite de jérémiades décousues" et lui reproche de soutenir "un despote" qui cherche à imposer une "dictature islamiste". Bild attaque aussi son niveau de jeu "lamentable" qui a participé à l'élimination humiliante de la Mannschaft en Russie.

Ankara et Berlin entretiennent des relations difficiles depuis le putsch raté en Turquie de 2016, le gouvernement turc dénonçant les accusations allemandes de dérive répressive.

Certains journaux et politiques, tout en critiquant la virulence de sa démarche, relèvent que le racisme est un problème dans le pays. Car c'est un symbole de l'intégration qui part à l'heure où l'extrême droite connaît un essor sans précédent depuis 1945 avec le parti Alternative pour l'Allemagne (AfD).

Le quotidien berlinois Tagesspiegel dénonce lui "l'ambiance populiste dans le pays. Le départ de Mesut Özil est une césure sportive, politique et sociétale".

Le joueur qui n'a jamais caché sa foi musulmane est déjà depuis deux ans la cible favorite de l'AfD. Une cheffe de ce parti, Alice Weidel, a donc estimé lundi que Özil était "un exemple typique de l'échec de l'intégration des gens venant du monde turco-islamique".

"J'ai deux cœurs, un allemand et un turc".