Vendredi 10 Juillet, 2020

Le FMI souhaite une réponse immédiate à la crise en Haïti

Des manifestants à Port-au-Prince. Photo: Ralph Andy Almonord

Des manifestants à Port-au-Prince. Photo: Ralph Andy Almonord

À l’issue d'une mission liée aux consultations au titre de son Article IV en Haïti, le Fonds Monétaire International (FMI) reconnaît, dans un communiqué paru lundi, que le pays fait face à « une crise politique, économique, et sociale sans précédent » et que « la priorité immédiate doit être la stabilisation de la situation économique ».

Selon l’institution, « les blocages répétés du pays en novembre 2018, février, juin et septembre 2019 ont affecté sévèrement l’activité économique. La croissance pour l’année fiscale 2019 devrait être autour de -1,2 pour cent, tandis que l’inflation est estimée à plus de 20 pour cent à fin septembre, alimentant la pauvreté et l’insécurité et privant l’État des moyens d’investir et de soutenir l’activité ».

Il s’ensuit que la suspension des supports budgétaires extérieurs résulte du vide laissé par l’absence d’un gouvernement ratifié par le Parlement depuis environ 8 mois. « La poursuite de la crise politique actuelle serait dévastatrice pour le pays avec des conséquences de moyen terme plus sévères en raison des pertes de capital physique et humain », a notifié le FMI qui soutient qu’ « un rebond » de l’activité économique en Haïti serait possible grâce à « une sortie de crise dans le court terme ».

« La nomination d’un gouvernement déterminé à entreprendre des réformes et la reprise de l’appui de la communauté internationale permettraient de desserrer la contrainte budgétaire. Il s’en suivrait une augmentation des dépenses publiques, notamment d’investissement, en même temps qu’une réduction du financement de la banque centrale facilitant ainsi une baisse de l’inflation et une hausse de la croissance à court et moyen et long-terme », détaille le communiqué.

« La priorité immédiate doit être la stabilisation de la situation économique. À défaut d’un budget soumis à l’examen du parlement, il est important que le gouvernement prépare et publie, comme annoncé, un cadre budgétaire pour 2020 dans les plus brefs délais », rajoute le FMI.

Dans la même veine, l’instance en question considère « la lutte contre la corruption » comme une priorité de court terme. Pour ce faire, « l’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC) doit voir ses moyens juridiques et financiers renforcés pour assurer pleinement sa mission [...] », suggère le FMI.

Dans l’ensemble, l'organisme souhaite que « le retour à la stabilité politique permette un consensus sur un ensemble de réformes plus approfondies en matière de gestion des finances publiques, d’amélioration de la gouvernance économique, d’organisation et de fonctionnement du secteur de l’énergie ainsi que de la protection et de la promotion sociale ».

 

Rode Louis Azer Chery

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