Mardi 20 Août, 2019

Le film d'Ozon sur la pédophilie dans l'Eglise récompensé à Berlin avant des décisions de justice

Le réalisateur français François Ozon a reçu le Prix du jury du festival de Berlin pour son film "Grâce de Dieu", le 16 février 2019

Le réalisateur français François Ozon a reçu le Prix du jury du festival de Berlin pour son film "Grâce de Dieu", le 16 février 2019

Le film "Grâce à Dieu" du réalisateur français François Ozon sur les scandales de pédophilie dans l'Eglise catholique a été récompensé samedi soir à Berlin, à quelques jours d'une décision de justice sur un éventuel report de sa sortie.

"Ce film essaie de rompre le silence d'institutions puissantes" sur ces affaires d'abus sexuels d'enfants, a déclaré le metteur en scène français de 51 ans en recevant sa récompense.

"Grâce à Dieu" raconte la naissance de l'association de victimes La Parole libérée, fondée à Lyon en 2015 par d'anciens scouts abusés par un prêtre pédophile, Bernard Preynat. Au total, l'association recense près de 85 victimes de ce prêtre.

Le sujet est en pleine actualité en France, alors que s'est tenu début janvier à Lyon le procès du cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, et de cinq autres personnes pour non dénonciation d'agressions sexuelles pédophiles dans cette affaire, dite affaire Barbarin. Le jugement est attendu le 7 mars.

- Décision attendue lundi -

L'audience s'est tenue vendredi, et le juge des référés du tribunal de grande instance de Paris donnera sa décision lundi.

"Je ne sais pas si le film va pouvoir être projeté en France. Nous faisons face à de grosses résistances", a indiqué François Ozon lors d'une conférence de presse à Berlin, après avoir reçu son prix.

Dans ce cas, "ce serait une sorte de censure", a-t-il lancé.

Avec cette "fiction basée sur des faits réels", dans laquelle il utilise seulement les prénoms des victimes mais cite nommément le cardinal Barbarin, le père Preynat et Régine Maire - dont les noms, dit-il, "étaient déjà dans la presse" -, François Ozon a expliqué à l'AFP avoir voulu faire "un film citoyen" qui "pose des questions".

"Mon film ne se place pas sur un aspect judiciaire, il se place sur l'aspect humain et sur la souffrance des victimes", a indiqué le réalisateur, qui a expliqué avoir pensé au départ "à tort" que les procès auraient lieu avant la sortie de son film.

Il s'appuie largement, du moins dans sa première partie, sur les lettres et les échanges d'emails avec l'institution religieuse de l'une des victimes, Alexandre Hezez-Dussot, incarné par Melvil Poupaud.

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