Dimanche 16 Décembre, 2018

Le départ annoncé de Collomb, nouveau casse-tête pour Macron

Gérard Collomb le 5 septembre 2018

Gérard Collomb le 5 septembre 2018

Le départ programmé de Gérard Collomb du gouvernement après les européennes de mai 2019 représente un nouveau casse-tête pour Emmanuel Macron et risque d'ajouter encore à la confusion d'une rentrée bien agitée pour l'exécutif.

"C'est loin, les municipales. Si d'ici là on ne m'a pas diagnostiqué de maladie grave [rires], je serai candidat à Lyon", a-t-il dit, mettant fin aux spéculations sur son implication dans les futures batailles municipales lyonnaises.

Du côté de Matignon, on a évoqué un "secret de Polichinelle" en rappelant combien M. Collomb était attaché à sa ville dont il fut le maire pendant 16 ans avant d'être nommé en mai 2017 au poste stratégique de ministre de l'Intérieur.

Le président a déjà été contraint début septembre de reconfigurer le gouvernement après les départs soudains de Nicolas Hulot et Laura Flessel en plein milieu d'une rentrée compliquée avec les suites de l'affaire Benalla et la valse hésitation sur l'impôt à la source.

Il avait dès lors créé la surprise en pointant du doigt le "manque d'humilité" de l'exécutif, le 6 septembre. Une sortie qualifiée de "maladroite" et de "limite limite" mardi par une source gouvernementale, "car elle a donné le sentiment qu'elle visait le président".

- "Ministre à mi-temps" -

Le patron des LR a également dénoncé le fait que, selon lui, le locataire de Beauvau serait désormais "un ministre à mi-temps", toujours en poste mais déjà presque parti.

"Je ne serai pas ministre de l'Intérieur jusqu'à l'avant-dernier jour. A partir d'une certaine période, il vaut mieux être totalement disponible pour la campagne", a expliqué M. Collomb dans L'Express.

Moqué pour son verbe parfois brouillon, critiqué pour ne pas avoir su couper le cordon avec sa ville de cœur, Gérard Collomb a maintenu son crédit auprès de l'opinion publique en dépit de réformes contestées, surtout à gauche: la loi sur la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme (Silt), qui a intégré dans le droit commun des dispositions de l'état d'urgence, ou la loi asile immigration, critiquée au sein même de la majorité parlementaire.

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