Mardi 20 Octobre, 2020

Le Core Group condamne les actes de dégradation commis contre le Sénat

Dans un communiqué transmis à la rédaction de Loop Haiti cet après-midi du 30 mai, le Core Group dit "condamne[r] les actes de dégradation commis contre le Sénat". Il encourage un débat devant permettre d’engager un agenda de réformes, d’assurer la tenue des élections parlementaires et le bon fonctionnement des institutions". 

Tôt ce jeudi 30 mai, la salle de séance du Sénat de la République a été mise sens dessus dessous par la quatre sénateurs de l'opposition. Ces derniers, pour empêcher la tenue de la séance de présentation de l'énoncé de politique générale du Premier ministre Jean Michel Lapin prévue à 8 heures, ont jeté sur la cour du Parlement chaises, bureaux, micros et autres matériels. Les photos et vidéos ont fait le tour des réseaux sociaux. 

 

Moins de 24 heures après cette scène, le Core Group, (composé de la Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies, des Ambassadeurs d’Allemagne, du Brésil, du Canada, d’Espagne, des États-Unis d’Amérique, de France, de l’Union Européenne et du Représentant spécial de l’Organisation des États Américains), s'est exprimé et a pris position.

Les représentants des pays ci-dessus expriment, via un communiqué parvenu à notre rédaction, leur "inquiétude devant la grave crise politique, économique, sociale et sécuritaire qui secoue Haïti". Du même coup, ils disent "condamne[r] les actes de dégradation commis contre le Sénat".

En vue d'une sortie de cette crise, le Core Group appelle à l'organisation d'un "large débat national" entre les différents acteurs. "Pour surmonter ces blocages, les membres du groupe appellent à la tenue d’un large débat national, sans préconditions, réunissant le secteur politique et le secteur privé ainsi que la société civile", peut-on lire dans le document.

"Ce débat doit permettre d’engager un agenda de réformes, d’assurer la tenue des élections parlementaires et le bon fonctionnement des institutions. Ces avancées sont nécessaires pour apporter des réponses concrètes et efficaces aux difficultés quotidiennes de la population", conclut le Core Group.

Rappelons que c'est la troisième fois que la séance de présentation de la politique générale du Premier ministre Jean Michel Lapin n'a pas pu aboutir au Sénat. Les deux premières tentatives ont été perturbées par les sénateurs de l'opposition, accusant l'actuel cabinet gouvernemental d'être inconstitutionnel.

Soulignons que dans une lettre adressée au président du Sénat, Carl Murat Cantave, les sénateurs Beauplan Evallière, Cassy Nènel, Cheramy Antonio et Pierre Ricard avaient posé quatre conditions pour la reprise sereine de la séance Lapin. Nous les republions ici:

1) Présentation au Sénat  d'un cabinet ministériel complet et sans cumul de poste tel que le veut la loi du 8 novembre 2006 abrogeant le décret de 2005. Cette loi qui est une application de l'article 167 de la Constitution condamne avec l'article 221 de cette dernière le cumul de poste;

2) Retrait du cabinet ministériel des  Ministres ayant fait partie du Gouvernement de Jean Henry Céant car suivant le principe de la solidarité gouvernementale prescrit par la Constitution, tous les ministres de Ceant ont été frappés de la motion de censure votée à une écrasante majorité  à la chambre des députés;

3) Mise à la disposition du groupe des 4 des dossiers de tous les ministres pour un minutieux examen;

4) Convocation en urgence d'une Conférence des présidents extraordinaire pour  statuer sur le comportement belliqueux du Sénateur Joseph Lambert à l'égard de notre collègue Ricard Pierre lors de la séance du 14 mai 2019 pendant que ce dernier protestait contre la violation de la Constitution et des lois de la République.

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