Jeudi 21 Novembre, 2019

Le Centre Pen Haïti rend hommage aux journalistes disparus

Photo: Darline Honoré

Photo: Darline Honoré

A l’occasion de la journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre les journalistes, célébrée le 2 novembre, le Centre Pen Haïti a tenu à rendre un hommage bien mérité aux journalistes haïtiens morts, ou disparus dans des conditions qui, jusqu’à présent suscitent des interrogations. Au cours d’une soirée baptisée « Veillée poétique », ce samedi 2 novembre, le centre, représenté par sa présidente l’écrivaine Kettly Mars a procédé à ce mémorial permettant à plus d’un de se souvenir de ces travailleurs de la presse partis trop tôt.

La cérémonie a eu lieu au local du Jaden Sanba, suite à l’activité hebdomadaire du centre culturel baptisé « Jaden pawòl ». Pour l’occasion, une chaise vide était placée devant la scène comme pour signifier l’absence des travailleurs de la presse; des bougies conféraient à l’espace un aspect solennel; la bande sonore préparée pour la veillée tournait en boucle laissant entendre quelques noms de journalistes tués ou disparus, tout cela dans le brouhaha des voix de la foule qui n’y prêtait pas trop attention, avant que Kettly ne prenne la parole.

« Un travail de mémoire, un moment de solidarité et de partage » voilà comment l’auteur de « Saisons sauvages » a décrit cette soirée en hommage aux journalistes. Une veillée qui coïncide avec la fête des morts célébrée chaque 2 novembre en Haïti. « Il faut rappeler aux gouvernements que la parole est une arme, et les journalistes en sont souvent dépourvus », a fait savoir Mars.

Le secrétaire général de l’Association des journalistes haïtiens (AJH) Jacques Desrosiers a lui aussi pendant quelques minutes entretenu l’assistance autour de la question. Il s’est accentué sur le rôle des médias en Haïti. Il y a un manque voire une absence de responsabilité des organes de presse vis-à-vis de leurs journalistes, a rappelé Desrosiers.

« Les journalistes sont responsables de leur propre protection, lâche-t-il. Nombreuses sont les enquêtes qu’on nous dit être en cours mais qui dans les faits n’aboutissent jusqu’à présent à rien", a dénoncé le journaliste sénior.

Exilés, disparus, assassinés ou kidnappés, une pléthore de journalistes haïtiens ne sont plus de ce monde : Richard Brisson, Yvonne Hakime Rimpel, Francous Latour, Jacques Roche, Jean Dominique, et plus récemment Vladjimir Legagneur, Rospide Pétion, Néhémie Joseph pour ne citer que ceux-là.

Des activités ont lieu du 30 octobre au 9 novembre dans l’Amérique latine et les Caraïbes, régions les plus touchées par ces crimes, pour contraindre l'Etat à prendre ses responsabilités envers les journalistes contre toutes sortes d'attaques, de menaces et contre l’impunité.

C’est sur une note assez symbolique que s’est clôturée la soirée. En effet, le beau monde qui avait fait le déplacement pour la veillée a remonté la rue O, cierge allumé, entonnant des chants dont les mélodies prêtaient absolument à la circonstance. Un rituel qui a marqué la volonté de plus d’un de prendre part à cette bataille en hommage à nos informateurs.

Accompagné de sa guitare, l’artiste haïtien Mic Man a pour sa part bercé le public avec ses notes, sur d’exacts doigtés qui ont déchiré la voile du silence trop assourdissant de la rue O.

La journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre les journalistes est commémorée depuis l’année 2013 par les Nations unies afin d’évaluer les efforts déployés pour répondre aux problèmes de sécurité auxquels font face les journalistes dans leur travail et à l’impunité des crimes dont ils font encore trop souvent l’objet.

 

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