Samedi 19 Janvier, 2019

Le cardinal Barbarin jugé pour son silence sur des agressions sexuelles d'enfants

Le cardinal Philippe Barbarin à son arrivée au tribunal correctionnel de Lyon lundi 7 janvier 2019

Le cardinal Philippe Barbarin à son arrivée au tribunal correctionnel de Lyon lundi 7 janvier 2019

Quatre ans après la révélation du retentissant scandale de pédophilie au sein de l'Église catholique, le cardinal Philippe Barbarin et cinq autres ex-responsables de son diocèse sont jugés lundi à Lyon pour non-dénonciation d'agressions sexuelles sur mineurs.

Entré dans la salle du tribunal sous les flashes de dizaines de photographes et caméramen, dont de nombreux médias étrangers, le cardinal s'est assis et a semblé se recueillir quelques minutes, mains jointes, avant l'ouverture des débats.

Le scandale lyonnais a éclaté en 2015 avec la mise en cause du père Bernard Preynat pour des agressions sexuelles commises un quart de siècle plus tôt sur de jeunes scouts. Bernard Preynat avait reconnu les faits devant sa hiérarchie et avait été suspendu de ses fonctions ecclésiastiques. Mis en examen en janvier 2016 et placé sous contrôle judiciaire, son procès pourrait se tenir en 2019.

"L'enjeu, c'est que demain, on ne reproduise pas les mêmes erreurs. Nous on porte une responsabilité là-dessus. En trois ans, l'Église a bougé, le législateur a bougé, le sujet (de la pédophilie dans l'Église, ndlr) a pénétré tous les foyers de France, y compris au sein du monde catholique. Tout cela a été possible en partie grâce à ces recours. Donc la victoire, elle est déjà là", a assuré juste avant l'audience François Devaux, cofondateur de La Parole libérée, l'association à l'origine des révélations.

Mais neuf plaignants ont lancé depuis une procédure de citation directe devant le tribunal sur la base, selon eux, d'une "mauvaise interprétation de la loi".

Outre les explications des six responsables du diocèse, dont les actuels archevêque d'Auch Maurice Gardès et évêque de Nevers Thierry Brac de la Perrière, M. Devaux attend également "la position de la justice française sur ces faits-là et comment elle interprète les lois".

La défense, de son côté, crie à l'acharnement et compte sur le procès pour "rétablir un certain nombre de vérités car on ne répare pas une injustice par une autre", prévient un avocat du cardinal, Me Jean-Félix Luciani. Les prévenus encourent trois ans de prison et 45.000 euros d'amende.

Au premier rang de ses soutiens, le pape François. Celui-là même qui a condamné cet été dans une lettre toutes formes d'abus, dans un contexte plus large de révélations de nombreux scandales pédophiles à l'étranger.

Cette affaire a fragilisé le primat des Gaules, dont la démission a été réclamée jusqu'au sein même de l'Église. La pétition lancée en août par le père Pierre Vignon, prêtre dans le Vercors - écarté depuis de ses fonctions de juge canonique - a recueilli plus de 105.000 signatures.

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