Jeudi 18 Juillet, 2019

Le budget 18-19 ne favorisera pas la croissance économique, dit Pharel

L'économiste, Kesner Pharel

L'économiste, Kesner Pharel

L’observatoire du système financier haïtien du Group Croissance S.A a présenté, ce  jeudi 05 juillet, une analyse du projet de budget pour l’exercice fiscal 2018-2019, déposé au parlement le 28 Juin dernier par le ministre de l’Économie et des Finances, Jude Alix Patrick Salomon.

Le  PDG du Group Croissance S.A juge que  le  projet de loi de finances  ne favorisera pas la croissance économique du pays. Ce, en raison de l’augmentation des allocations budgétaires pour les dépenses de fonctionnement contre un faible niveau des crédits d’investissement.

Durant cette dernière décennie, le budget de l’Etat en termes de ressources internes, a considérable augmenté. En 2010, les recettes de l’Etat étaient de l’ordre de 36 milliards de gourdes contre 94 milliards en 2018 et 125 milliards prévues dans le projet de budget pour l’exercice fiscal 2018-2019.

Malgré cette augmentation des ressources, la situation économique du pays a tendance à se détériorer davantage en raison du fait que les budgets ont toujours été marqués par de fortes allocations pour les dépenses de fonctionnement laissant à la traine celles destinées aux investissements.

Lors de l’élaboration de  ce projet de loi de finance pour le prochain exercice fiscal, l’administration Moïse/Lafontant, n’a pas su rompre avec cette pratique qui enfonce le pays dans la pauvreté un peu plus chaque année, regrette l’économiste Kesner Pharel.

Pour l’année fiscale 2018-2019, l’économiste  attire l’attention sur le fait que 90.1 milliards de gourdes, soit un peu plus de la moitié du budget, sont destinés aux dépenses courantes dominées par les salaires et les traitements estimés à 45.66 milliards de gourdes à côté des 30 milliards prévus pour l’achat de biens et services.

La  partie  du budget affectée à l’investissement  s’élève à 86.18 milliards de gourdes. Et comme pour chaque exercice fiscal, le financement de cette partie du budget, qui est supposée être la plus importante pour le développement effectif du pays, est laissée en grande partie à la bonne grâce de l’international avec 36.1 milliards de gourdes pour les dons et prêts, souligne  Kesner Pharel.

Dans le secteur économique, les ministères les plus importants comme les Travaux publics et l’Agriculture ont bénéficié respectivement d’une augmentation de 12.3% et 14.4% dans le budget de l’exercice en cours.

D’autre part, une augmentation de plus de 100% a été accordée au ministère de la Santé publique et de la population contre une diminution de 8% du budget du ministère de l’Education nationale et de la formation professionnelle et de 24% de celui du ministère des Affaires sociales et du Travail.

Le service de la dette est budgétisé à 21.23 milliards de gourdes dans ce projet de budget. L’année dernière, le budget pour l’exercice fiscal en cours qui a été adopté par le parlement sans des  modifications importantes, avait suscité beaucoup de grognes, provocant ainsi des troubles sociaux dans le pays. 

Le PDG du groupe Croissance  plaide en faveur de la participation de la population dans l’élaboration des prochains budgets de la République pour éviter la répétition de telles situations à l’avenir.

Recevez gratuitement les dernières nouvelles d'Haïti et d'ailleurs directement sur votre téléphone en téléchargeant l'App de Loop News :