Samedi 15 Décembre, 2018

Le barreau de Port-au-Prince en grève face à la brutalité policière

La corporation des avocats du barreau de Port-au-Prince a pris la décision de ne plaider sur aucune affaire au tribunal jusqu’au 15 octobre prochain en signe de solidarité au greffier en chef du parquet de Port-au-Prince,  Wilbert Rhau et deux autres avocats victimes de brutalité policière.

« Berson Soljour doit répondre de ses actes », exigent les hommes de loi. Ils entendent ainsi exiger que des sanctions soient prises à l’encontre du directeur départemental de l’Ouest de la PNH qui aurait frappé au visage cette semaine le greffier en chef du parquet et contre les policiers qui ont récemment brutalisé 2 membres du barreau de Port-au-Prince à Gérald Bataille.

Le directeur départemental de l’Ouest de la police nationale d’Haïti (PNH), Berson Soljour, accusé d’avoir souffleté le greffier en chef, Wilbert Rhau, et l’avocat, Elie Diespt Augustin, au parquet de Port-au- Prince, le mardi 9 octobre 2018 est en très mauvaise posture. Selon des photos publiées sur les réseaux sociaux des éraflures et des bleus apparaissent sur le visage des deux victimes qui confirment avoir réellement reçu des coups des mains du responsable des policiers de l’Ouest.

Le greffier, Wilbert Rhau qui rapporte qu'il ne faisait que son travail, accuse le commissaire Soljour de l’avoir frappé à tort avec une radio de communication à la tête. Face à cet acte jugé irrespectueux, les greffiers du Tribunal de Première Instance de Port-au-Prince ont observé ce mercredi un arrêt de travail en signe de protestation et de solidarité à Wilbert Rhau. Les greffiers mettent la pression sur le chef du parquet de Port-au-Prince qu’ils accusent d’avoir traité le dossier comme un fait divers. « Me Ocname Clamé Daméus doit se ressaisir », soutiennent-ils. Dès mercredi un arrêt de travail a été déjà observé. Il durera deux jours.

Pour Elie Diespt Augustin, un autre avocat victime de l’échauffourée, certains haut-gradé de la PNH ne voient pas de bon œil les avocats. Plusieurs hommes de loi ont rudement critiqué l’attitude du commissaire du gouvernement Ocname Clamé Daméus dans le cadre de ce dossier. De son côté, l’association Nationale des Greffiers Haïtien s’insurge contre le chef du parquet pour avoir traité le dossier comme un fait divers.

Par les voix de Thomas Lens et Avril Gregory  deux membres de l’association Nationale des Greffiers Haïtien, l’Association des greffiers demande au commissaire Daméus de se ressaisir avant qu’il soit trop tard.

Daméus dit condamner cet incident survenu dans les locaux du palais de justice de Port-au-Prince. Face à la demande du chef du parquet qui réclame l’ouverture d’une enquête impartiale afin, dit-il, de faire la lumière sur ce dossier, Me Daméus estime que l’incident produit à l'intérieur même du parquet, met l’institution dans une position inconfortable pour conduire cette enquête.

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