Mercredi 22 Novembre, 2017

L’opération de la BOID à Lilavois critiquée par l’OHDH

Crédit Photo: Twitter PNH

Crédit Photo: Twitter PNH

L'intervention musclée des agents de la Brigade d’Opération et d’intervention Départementale BOID, du côté de Lilavois, en riposte à l’assassinat d’un frère d'arme, est condamnée rigoureusement par l’Observatoire haïtien des droits humains (OHDH), qui parle d'un "acte terroriste".

Le jeudi 12 octobre 2017, à Lilavois 39, des individus armés circulant à moto, ont assassiné un agent de la BOID nommé Wadson Jean. En revanche, des agents de l'unité de la PNH ont investi la zone et ont agi violemment envers la population, semant la terreur.

Dans un rapport d’enquête publié le vendredi 27 octobre, par l’Observatoire haïtien des droits humains (OHDH), l’organisation précise que ces agents, très critiqués de la Police Nationale d’Haïti (PNH), ont tué plusieurs riverains, incendié des maisons, des voitures et des motocyclettes.

En outre, à croire l’Observatoire Haitien des Droits Humains, « des bastonnades et brutalités sur des dizaines de jeunes ainsi qu’un nombre indéterminé d’arrestations dont celles de beaucoup de jeunes femmes qui n’ont absolument rien à voir avec les gens qui ont assassiné Wadson Jean, ont été enregistrés, lors de cette opération assimilable à un terrorisme policier ».

Au moment de l’opération, des agents de la BOID ont procédé à l’arrestation de Pierre Paul Dorsainvil, un chauffeur de l’entreprise « Euro Blocs », avant de l’assassiner à quelques mètres de Lilavois 39, plus précisément à Morne Blanc, selon le rapport. En effet, l’OHDH est monté au créneau pour dénoncer cet acte qui selon lui, est comparable à « un acte terroriste », tant dans sa méthode que dans ses résultats.

Pour l’organisation, cette opération « criminelle, injuste et injustifiée » aurait de « graves conséquences sur la vie et les activités des gens vivant dans cette zone. » De plus, l’Observatoire Haïtien des Droits Humains a révélé que l’opération policière a aussi entraîné des violations graves des droits civils et économiques des victimes, du droit des enfants ainsi que de celui des handicapés.

Fort de ces raisons, l’organisation invite les autorités à ouvrir une enquête judiciaire au niveau de la Police Nationale d’Haïti, en vue d’identifier et déférer devant la justice les auteurs de ces crimes, dégradant l’image de l'institution.