Samedi 15 Juin, 2019

"Lapin est un usurpateur de titre, un PM inconstitutionnel"

Le Premier Ministre désigné, Jean Michel Lapin

Le Premier Ministre désigné, Jean Michel Lapin

Dans une note de protestation rendue publique ce mardi 7 mai, les députés de l’opposition ont qualifié Jean Michel Lapin “d’usurpateur de titre et de Premier ministre inconstitutionnel”. Ces parlementaires estiment que l’actuel gouvernement est en situation d’illégalité, tenant compte du délai constitutionnel accordé à un chef de gouvernement par intérim, prévu aux articles 163 et 165 de la loi mère.

Ils sont au total 13 députés, issus de trois blocs politiques et alliés, à avoir apposé leurs signatures au-bas de la note de protestation. Dans cette prise de position, les élus ont, dès le début, rappelé que Jean Michel Lapin a été nommé Premier ministre par intérim depuis le 21 mars dernier. “Le délai de 30 jours accordé à M. Lapin est passé, ce gouvernement plonge dans l’inconstitutionnalité”, souligne Abel Descollines, député de Mirebalais.

De plus, les députés de l’opposition croient que l’actuelle équipe gouvernementale, qui expédie les affaires courantes, est elle-aussi illégale, et qu’il doit tirer la révérence. 

Pour le député de Grand-goâve, Jean Marcel Lumérant, Jean Michel Lapin n’a pas la qualité pour occuper le poste de Premier ministre. Le parlementaire brandit l’article 163 de la constitution qui traite de la solidarité gouvernementale.

“C’est une dérive grave que le chef de l’Etat a lui-même orchestré et cautionné”, déplorent ces parlementaires qui exigent la démission de tout le gouvernement. Abel Descollines affirme que le pays assiste à une violation grave de la constitution. Pour cela, il invite les présidents des deux chambres à activer le processus de mise en accusation du chef de l’Etat, aux fins de destitution.

Si les députés de l’opposition attaquent, les proches de l’exécutif, eux, contre-attaquent. “La démarche des opposants n’est pas fondée”, a déclaré d’entrée de jeu, le député Alfredo Antoine. S’agissant du délai de 30 jours accordé au PM a.i, l’élu de Kenscoff estime que la constitution haïtienne est muette sur ce point. Pour le parlementaire de KID, il revient à ses collègues de profiter de la dernière session parlementaire, pour amender cet article dans la constitution, qui doit envisager le scénario possible en cas de la fin du délai de 30 jours d’un PM a.i.

Si les arguments des pro et anti gouvernementaux s’affrontent sur l’insconstitutionnalité ou non de Jean Michel Lapin, le processus de ratification de ce dernier stagne au Parlement. Au Sénat, la commission spéciale poursuit l’analyse des pièces, alors que le président Jovenel Moïse cherche à la loupe, des compétences pour le prochain cabinet ministériel.

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