Jeudi 18 Avril, 2019

L'ambassadeur d'Allemagne au Venezuela expulsé pour "ingérence"

Daniel Kriener face aux médias, à Caracas, le 19 février 2019. | FEDERICO PARRA / AFP

Daniel Kriener face aux médias, à Caracas, le 19 février 2019. | FEDERICO PARRA / AFP

L'ambassadeur de l'Allemagne au Venezuela, Daniel Kriener, doit laisser le territoire "dans les 48 heures", a annoncé hier mercredi, dans un communiqué, la vice-présidence du Venezuela. 

Cette mesure d'expulsion pour « ingérence dans les affaires intérieures » du pays intervient après que monsieur Kriener a décidé d'aller accueillir Juan Guaido, opposant au chef d'Etat Nicolas Maduro et président autoproclamé du Venezuela, revenu lundi au pays après une tournée à l’étranger.

M. Guaido, qui avait bravé une interdiction de quitter le pays pour se rendre notamment en Colombie, avait annoncé son retour "malgré les menaces", M. Maduro ayant averti qu'il devrait s'expliquer devant la justice.

« Le Venezuela juge inacceptable qu'un diplomate étranger exerce un rôle public proche de celui d'un responsable politique aligné sur le complot de secteurs extrémistes de l'opposition vénézuélienne», a soutenu la vice-présidence.

Juan Guaido, lors d'une séance à l'Assemblée nationale, mercredi, a tout-de-suite qualifié cette expulsion de « menace contre le monde libre ». Pour lui, « le régime de Maduro ne pardonne pas à ceux qui souhaitent aider le Venezuela ».

Pour sa part, le ministre allemand des Affaires étrangères allemand a, lui aussi condamné cette mesure qui, dit-il, «aggrave la situation». «Il s'agit d'une décision incompréhensible, qui aggrave la situation et ne contribue pas à la détente », a fait savoir Heiko Maas dans un communiqué assez laconique.

Il a aussi ajouté que « notre soutien, le soutien de l'Europe, pour Juan Guaido reste intact. L'ambassadeur Kriener a fait un excellent travail à Caracas, en particulier ces derniers jours».

Le même jour, les États-Unis ont accentué la pression sur Maduro en révoquant les visas de 77 membres de son entourage.

Il faut dire que douze autres diplomates occidentaux et latino-américains pourraient faire face à une mesure d'expulsion du Venezuela à l'avenir, ces derniers (France, Espagne, Portugal, Pays-Bas, Roumanie, Canada, Chili, Argentine, Brésil, Pérou, Equateur, Etats-unis) étant, eux-aussi, allés à la rencontre de Guaido lundi, à l'instar du représentant de Berlin à Caracas. Ces « témoins de la démocratie et de la liberté », pour reprendre les propos de Romain Nadal, ambassadeur de France à Caracas, ont été remercié par l'opposant Guaido sur Twitter.

La rédaction avec AFP

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