Mardi 11 Décembre, 2018

L’ambassade américaine en Haiti clarifie le câble de Rex Tillerson

M. Robert F. Hannan, Jr, consul général de l’ambassade des Etats-Unis à Port-au-Prince. Photo : Estailove St-Val

M. Robert F. Hannan, Jr, consul général de l’ambassade des Etats-Unis à Port-au-Prince. Photo : Estailove St-Val

En début de semaine, LoopHaiti rapportait les changements que doit opérer dans le processus d’acquisition d’un visa un câble envoyé par le secrétaire d’Etat américain, Rex Tillerson, aux autorités consulaires du pays de par le monde. Comme l’a détaillé le New York Times, premier média à en faire l’annonce, on apprenait notamment que les visiteurs qui ont besoin d'un visa pour entrer aux États-Unis doivent déclarer leurs plans pour au moins trois mois.

Pendant leurs séjours, auraient-ils fait dans le pays quelque chose qu'ils n'avaient pas mentionné lors d'une entrevue avec le fonctionnaire consulaire - comme épouser un citoyen américain, aller à l'école ou travailler - on présumera qu'ils ont délibérément menti. Mensonge qui rendra difficile « difficile, sinon impossible, de renouveler un visa, d'en obtenir un nouveau ou de changer de statut », informait Rex Tillerson cité par le NYT.

 

Pour mieux comprendre les implications de ce câble, LoopHaiti s’est entretenu exclusivement ce 22 septembre avec le consul général de l’ambassade des Etats-Unis à Port-au-Prince, M. Robert F. Hannan, Jr. Il nous apprend que le câble n’aura « pas un grand impact » et que le processus « reste le même ». « On doit dire la vérité dans l’entretien. On doit avoir l’intention de quitter les Etats-Unis, de revenir en Haïti pour être qualifié pour le Visa », nous a expliqué M. Hannan.

« Le câble dit que, si quelqu’un, quand il arrive aux Etats-Unis fait des activités contre les règlements de visa, par exemple, avec un visa touristique, on commence à travailler, à étudier, c’est contre les règlements de visa », avance encore M. Hannan. Si on effectue des changements non compatibles avec le type de visa demandé et qu’on le fait « moins de 90 jours après être entré aux Etats-Unis, ça montre que, peut-être, l’intention quand on demandait le visa n’était pas bien présenté ».

« C’est pourquoi le câble dit, si quelqu’un fait ces choses, la présomption, c’est qu’il a menti pour obtenir le visa », a continué le consul général.

Quelqu'un qui vient aux États-Unis en tant que touriste, tombe amoureux et se marie dans les 90 jours, puis demande une carte verte (green card), verra sa demande refusée, indiquait au New York Times Diane Rish, directrice adjointe des relations gouvernementales à l'American Immigration Lawyers Association. « Il s'agit d'un changement de politique significatif » rajoutait-elle.

Selon M. Robert F. Hannan, « ce n’est pas bien présenté ». Dans les faits, le refus « n’est pas automatique ». Subsiste quand même la présomption « qu’on avait l’intention avant d’entrer aux Etats-Unis. Mais on peut offrir des preuves contre cette présomption » avance le consul général. Aussi, une porte légale reste ouverte pour quelqu’un qui se marie aux Etats-Unis avec un visa de touriste, s’il revient en Haïti et effectue les démarches pour obtenir une carte verte (green card).

Entrevue : Widlore Mérancourt
Photos et vidéo : Estailove St-Val

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