Dimanche 18 Novembre, 2018

L'Afghanistan élit son Parlement dans le chaos et la violence

Des Afghanes font la queue pour voter à Herat, le 20 octobre 2018

Des Afghanes font la queue pour voter à Herat, le 20 octobre 2018

L'Afghanistan élisait samedi son nouveau Parlement dans un climat de violences avec des dizaines de tués et blessés dans une série d'attentats, et de chaos logistique dans les bureaux où de nombreux électeurs ont dû patienter des heures ou rentrer chez eux sans avoir voté.

Le plus grave à ce stade s'est produit dans la capitale Kaboul alors que la nuit commençait à tomber, faisant au moins 15 morts et 20 blessés, selon le ministère de l'Intérieur.

Avant cette attaque, le ministre de l'Intérieur, Wais Barmak, avait évoqué "192 incidents répertoriés sur le territoire", avec des engins explosifs, des grenades et des tirs de roquette, qui ont tué "au moins 17 civils et blessé 83 autres".

Dans la province de Nangarhar (est), deux personnes ont été tuées et au moins huit explosions ont été signalées selon un porte-parole provincial, Ataullah Khogyan.

Des centaines de personnes ont déjà été tuées ou blessées lors d'attentats en lien avec le scrutin ces derniers mois. Et au moins 10 candidats ont été abattus, la plupart dans des attaques ciblées.

Sur les 8,9 millions d'inscrits sur les listes électorales, la participation à midi a été estimée à 1,5 million de personnes dans 27 des 32 provinces où l'élection était organisée, selon la Commission électorale indépendante qui organise le scrutin.

Les résultats ne sont attendus que le 10 novembre.

Semblant répondre à son appel, les électeurs ont formé de longues files d'attente dans la capitale et ailleurs. Mais leur attente s'expliquait aussi par de nombreux dysfonctionnements.

Des candidats et des électeurs ont fait part de leur exaspération.

"J'ai voté dans la plupart des autres élections mais aucune n'a été aussi chaotique que celle-là", a tweeté Tabish Forugh, électeur à Kaboul. "Des gens rentrent chez eux car ils n'ont pas pu voter", dit un autre électeur à Kaboul, Jumakhan Rahyab‏.

La CEI a présenté ses excuses et a prolongé l'ouverture de centres de vote jusqu'à 20H00 et annoncé que 371 autres seraient ouverts dimanche, lequel a été déclaré jour férié.

"Je suis venu voter en risquant ma vie. Je suis inquiet pour ma sécurité", dit Asadullah, 22 ans, faisant la queue devant un centre de vote de Mazar-i-Sharif (nord). "Mais nous devons défier les talibans et sortir en grand nombre et voter, car c'est un jour historique pour nous", estime-t-il.

Plus de 2.500 candidats sont en lice pour les 249 sièges à la chambre basse du parlement.