Dimanche 13 Octobre, 2019

La rentrée des classes 2019-2020 s’annonce difficile

Des employés du ministère de la Culture et de la Communication (MCC) en sont parvenus à ériger des barricades de pneus enflammés pour exiger des arriérés devant leur permettre d’affronter cette rentrée des classes./ Photo: Alexandre Michel

Des employés du ministère de la Culture et de la Communication (MCC) en sont parvenus à ériger des barricades de pneus enflammés pour exiger des arriérés devant leur permettre d’affronter cette rentrée des classes./ Photo: Alexandre Michel

Insécurité, inflation galopante, augmentation arbitraire des frais scolaires, indisponibilité des manuels scolaires subventionnés par l’État, sont autant d’embuches qui se dressent devant la reprise des activités scolaires prévues pour le 9 septembre 2019. A dix jours de cette rentrée, des parents se disent aux abois. Des employés du ministère de la Culture et de la Communication (MCC) en sont parvenus à ériger des barricades de pneus enflammés pour exiger des arriérés devant leur permettre d’affronter cette rentrée des classes.

Par Alexandre Michel

 

Si le ministre de l’Education nationale et de la Formation professionnelle, Pierre Josué Agénor Cadet, a soutenu que l’État réfléchissait sur un possible accompagnement aux employés de la fonction publique pour la rentrée des classes, l’attente se fait longue. Et pour conséquence, une vive tension s’est tenue, ce vendredi 30 août 2019 aux environs de midi, à l’avenue Lamartinière (Bois-Verna). Cette situation a été occasionnée par des employés du ministère de la Culture et de la Communication (MCC), réclamant deux mois d’arriérés de leurs cartes de débits, sur dix qui leur sont dus. En colère ils avouent qu’ils se sentent impuissants à l'approche de la rentrée des classes qui se peaufine à l’horizon.

Pour se faire entendre, ils ont dressé des barricades de pneus enflammés et ont lancé des bouteilles sur le pan de l’avenue Lamartinière à hauteur de la direction Communication du ministère. Ils accusent le Premier ministre démissionnaire Jean Michel Lapin et son chef de cabinet Pradel Henriquez, de boycotter leur directeur général Calvin Cadet et pour cause, tous les dossiers de cette Direction générale seraient relégués ou simplement méprisés. Ils avancent que sans une issue à cette situation, ils auront de grandes difficultés à aborder la rentrée des classes.

Un contexte général difficile

123 victimes, dont 84 par balles du mois d’avril à juin 2019, c’est ce qu’indique le 71e rapport trimestriel de la Commission épiscopale Justice et Paix (C-JLAP), publié le 28 aout 2019. Un renchérissement des prix des produits importés affichant un glissement annuel de 20%, d’après l’indice des prix à la consommation (IPC) juin 2019 de l’Institut haïtien de statistique et d’informatique. La subvention et la dotation de manuels scolaires promis par l’État n’arrivera pas à temps.

Fixé à 700 millions de gourdes pour l’année scolaire 2019-2020, le programme devait proposer 990 mille manuels en subvention et 370 mille autres en dotation. Cependant, les violons du ministère de l’Education nationale et de la formation professionnelle (MENFP) et des maisons d’édition ne s’accordent pas.

Le titulaire du MENFP, Pierre Josué Agénor Cadet a, lors d’une conférence de presse mardi 13 août, cité une liste de maisons d’édition ayant remporté l’appel d’offre dont la Maison d’édition Henry Deschamps. Pourtant lors d’une intervention, le mercredi 28 du même mois, sur radio Magik 9, Peter Frisch, directeur général de la Maison Deschamps, dit ignorer les résultats de l’appel d’offre. Pour lui, il n’y aurait pas encore de contrat entre l’État et les maisons d’édition.

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Plus loin, M. Frisch présente un panorama encore plus sombre de la situation. En raison notamment de l’inflation et de la dévaluation de la gourde face au dollar américain, la Maison Deschamps avait déjà appliqué un ajustement de 21% à 30% du prix des ouvrages. Pire encore, pour le programme de subvention et de dotation, la maison Deschamps n’a même pas commandé les intrants nécessaires à l’impression des ouvrages. Donc, pour lui, même si les éditeurs trouvaient une entente avec le MENFP, les ouvrages ne pourraient pas être disponibles avant la rentrée maintenue pour le 9 septembre.

Sur plaintes de certains parents, des directeurs d’écoles ont été convoqués au Parquet du tribunal civil de Port-au-Prince par le commissaire du gouvernement Paul Éronce Villard. Les responsables des écoles Filles de Marie, Institution Saint-Louis de Gonzague, École Sainte-Trinité, Académie chrétienne, des collèges Saint-Louis de Bourdon et Marie Anne, ont répondu à l’appel du commissaire. Cependant, la montagne a accouché d’une souris car, selon le CG Villard, le Parquet n’est pas la juridiction compétente pour trancher dans cette affaire.

Le calendrier quand même établi

Le calendrier de l’année scolaire publié par le MENFP prévoit 189 jours de classe, qui totaliseront 949 heures d’enseignement pour le cycle fondamental et 1134 pour le cycle du secondaire. Le ministère prévoit 11 jours de congé et fixe au 1er juillet 2020, la date de clôture de l’année académique.

Les échéances pour les examens officiels sont réparties comme suit :

Bac Permanent : du 16 au 20 décembre 2019 
9ème AF : 15 au 18 juin 2020 ;
Écoles normales d'instituteurs (ENI) : 15 au 19 juin 2020 ;
Centre de formation pour l’École fondamentale (Cefef) : 15 au 19 juin 2020 ;
Examens de Fin d'études secondaire : 29 juin au 2 juillet 2020 ;
Examens de Formation Technique et Professionnelle (FTP) : 27 juillet au 11 juillet 2020.

Alexandre Michel

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