Vendredi 19 Juillet, 2019

La rencontre entre Edouard Philippe et les "gilets jaunes" tourne au fiasco

Le Premier ministre Edouard Philippe.

PHOTO - AFP/ARCHIVES - ALAIN JOCARD

Le Premier ministre Edouard Philippe. PHOTO - AFP/ARCHIVES - ALAIN JOCARD

La rencontre prévue à Matignon entre Edouard Philippe et les "gilets jaunes" a tourné au fiasco vendredi, le Premier ministre assurant toutefois que "la porte de Matignon [serait] toujours ouverte" aux représentants de ce mouvement.

Ni M. Herbert, ni Matignon n'ont révélé l'identité du "gilet jaune" resté ensuite plus d'une heure avec Edouard Philippe et le ministre de la Transition écologique François de Rugy.

"Il aurait été incompréhensible", a-t-il ajouté, qu'il n'y ait "pas ce moment d'échanges avec les représentants des gilets jaunes" après avoir reçu "tous les représentants des associations, des syndicats, des élus locaux, des corps intermédiaires" dans le cadre de trois mois de concertation voulus par le président Emmanuel Macron.

Jason Herbert, chargé de communication dans une médiathèque d'Angoulême, est l'une des figures du mouvement en Charente. Il était arrivé à Matignon vers 14H30, une demi-heure après l'horaire prévu.

"Aujourd'hui nous ne sommes que deux, nous avons tous reçu d'énormes pressions" émanant "à 99%" d'autres "gilets jaunes", a-t-il affirmé, avant de réitérer que la délégation avait été dissoute il y a 48 heures, après avoir rempli sa mission consistant à lancer le dialogue avec le gouvernement.

Ce nouveau couac survient alors que politiques et syndicalistes multiplient les appels à l'exécutif pour qu'il fasse un geste en direction des manifestants.

De Buenos Aires où il participe au G20, le président avait redit jeudi vouloir répondre à "la colère légitime" et "la souffrance d'une partie du peuple" par "des décisions supplémentaires dans les semaines et les mois à venir", mais qui "ne seront jamais des reculs".

La quasi-totalité des élus locaux reçus à Matignon jeudi avaient déjà réclamé un nouveau "geste" de l'exécutif, et au-delà de François Bayrou, l'idée d'un moratoire à la hausse des taxes fait débat au sein même de LREM, le parti présidentiel.

Le mouvement se prépare pour l'acte III samedi sur les Champs-Elysées et partout en France. Toujours insaisissable pour le monde politique, il avance galvanisé par le soutien des deux tiers des Français et une pétition "pour une baisse des prix du carburant à la pompe" qui a dépassé jeudi le million de signatures.

"La fronde dépasse le monde rural et touche l'ensemble des catégories modestes", observe le géographe Christophe Guilluy dans un récent entretien au Figaro, tandis que la Fondation Jean-Jaurès évoque "un très net clivage de classe".

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