Vendredi 22 Novembre, 2019

À la rencontre de Demwazèl à l'occasion de la journée intle des filles

Marcna Andy Pierre / Photo: Demwazèl

Marcna Andy Pierre / Photo: Demwazèl

Elles sont 5: Marcna Andy Pierre, Annie Thamar Garçon, Johanne Elima, Stéphanie Boucher et Nerlyne Morel, à avoir mis sur pied Demwazèl. Lancée sur les réseaux sociaux en août dernier, cette nouvelle plateforme locale à vocation internationale s’engage dans la lutte pour l’éducation des filles en Haïti au travers d’un cadre d’initiatives, visant à accompagner celles-ci dans le plein épanouissement de leurs droits au sein de la société. Demwazèl se veut aussi un milieu d’échange d’expériences vécues, un cercle d’accompagnement des discriminées. En effet, anciennes victimes, elle-mêmes de nombreuses violences que les femmes subissent au quotidien dans la communauté haïtienne, les fondatrices de cette plateforme veulent entre autres, dans leurs principaux objectifs, encourager les filles à briser le silence face aux nombreuses formes de violences, tout en les aidant à identifier et développer leurs talents et leurs compétences pour la construction d’un meilleur avenir. Demwazèl qui n’a cessé, dernièrement, de faire les gros titres au Benin, revient sur son engagement futur au sein dans la communauté haïtienne à l’occasion de la journée internationale des jeunes filles.

Pourquoi ce voyage au Bénin ?

L’idée de Demwazèl est venue à Marcna Andy Pierre, la fondatrice et coordonatrice de la plateforme, non seulement à cause d’expériences personnelles vécues mais aussi de ces observations dans la ville de Port-de-Paix d’où elle est originaire. Avoir l’idée était une chose, trouver l’audace de se lancer était une autre. Elle en a donc parlé à des jeunes femmes de son entourage qui sont devenues co-fondatrices de Demwazèl. Une fois la structure mise sur pied, nous avons donc mis cap sur le Bénin sur l'invitation de l’ONG Mata-Yara, pour nous immerger dans un contexte qui nous l’avons découvert, pas trop différente de celle d’Haïti en matière de droit des filles et des femmes.

Entre la situation des femmes en Haïti et au Benin, quelle conclusion ?

Les similarités sont malheureusement pléthores dans le sens négatif : les filles et les femmes restent très sujettes aux violences de genre, les femmes y sont une catégorie sous-représentées en politique. Toutefois beaucoup d’institutions travaillent dans le secteur des droits des filles et des femmes, tant il y a à faire, ce qui est également un élément très positif, le problème existe et on essaie de le résoudre.

Pourquoi ce partenariat entre cette organisation au service des femmes et des enfants défavorisés en Afrique Yata-Mara et Demwazèl ?

Dans le cadre de notre voyage, Mata-Yara fut l’organisation hôte qui nous a aimablement offert un espace pour faire connaissance avec le public béninois, pour présenter Demwazèl et échanger avec le public sur la situation des filles et des femmes de chez nous et du Bénin. Toutefois nous n’avons pas encore de partenariat établi avec eux, sinon une proposition de collaboration de leur part que nous prenons très au sérieux et sur laquelle nous allons commencer à travailler. Nous sommes déjà des deux côtés excitées à l’idée de pouvoir travailler ensemble pour le plus grand bien des participantes et bénéficiaires de nos actions sur les deux continents.

Quelles seront les retombées de ce voyage pour Demwazèl et pour les filles d'ici ?

Les retombées à court terme s’annoncent déjà assez enthousiasmantes. Nous avons reçu plusieurs propositions de partenariat d’institutions travaillant avec les filles, entre autres choses les échanges d’expériences nous fournirons de chacun des côtés des idées d’intervention intéressantes. A long terme, nous pensons que renouer des liens avec la terre-mère pour répondre à des défis auxquels sont confrontés nos filles tant ici qu’au Bénin sera une expérience enrichissante tant pour nous que les filles avec lesquelles nous allons travailler. Il s’agira pour elles aussi l’opportunité de nouer des liens avec le continent africain. L’Afrique reste une mine de sagesse et les méthodes d’intervention des institutions travaillant avec les filles au Bénin s’en ressentent sûrement, nous aurons donc beaucoup à gagner à nous inspirer d’elles tout en tenant compte des particularités propres aux deux pays.

Les projets de Demwazèl au cours des prochains mois ?

Nous comptons commencer à travailler dans trois écoles de Port-de-Paix. Nous interviendrons selon une approche comprenant trois axes : formation – accompagnement - mentorat. Nous planchons aussi sur l’organisation des formations et l’élaboration de plans des partenariats avec des institutions qui se trouvent en Haïti et au Bénin.

À l’occasion de la journée internationale des filles, le message de Demwazel aux filles/femmes d’Haïti ?

Mesdames, nous savons bien que toutes les conditions sont réunies pour que vous baissiez les bras, pour que vous continuiez à accepter toutes sortes de situations qui ne vous aident pas à regarder l’avenir avec confiance. Mais sachez que d’autres filles / femmes sont passées par là, avec des parcours et des histoires différentes, mais elles sont devenues des battantes. Inspirez-vous de ces femmes, ne lâchez pas vos études et donnez toujours la priorité à ce qui vous aidera à devenir des femmes fortes et indépendantes à l’avenir. 

Propos recueillis par Wyddiane Prophète

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