Mercredi 18 Septembre, 2019

La proposition d'amendement constitutionnel pourra sauver le Parlement

Le député Jerry Tardieu, président de la commission spéciale sur l'amendement de la constitution

Le député Jerry Tardieu, président de la commission spéciale sur l'amendement de la constitution

La proposition d'amendement de la constitution de 1987 présentée par la commission spéciale de la chambre des députés le 28 août dernier à l’hôtel Karibe pourrait sauver l'institution parlementaire dont la réputation va à vau-l'eau.

Le président de la commission chargée de travailler sur la proposition d'amendement, Jerry Tardieu, se félicite du travail de ses paires. Outre le régime présidentiel qu'il suggère parmi les 30 propositions, ce document vise aussi à renforcer le Parlement, affaibli par des scandales depuis plusieurs législatures.

En effet, l'institution parlementaire n'a pas bonne presse. Le député et le sénateur sont vus comme des incompétents qui sont payés pour ne rien faire. C'est un escroc, à l'affût de l'argent et des pots-de-vin. Il est difficile de trouver 60 députés pour une séance, selon le député Jerry Tardieu. Selon l'élu de Pétion-ville, ces faits participent aussi d'une vision improductive du pouvoir législatif.

Les commissaires, par cette proposition d'amendement, entendent voler au secours de cette institution en réduisant ses influences, du moins les plus néfastes pour la démocratie, notamment la question de la décharge, les tractations pour le choix et la ratification de la politique générale du Premier ministre, poste qui n'existe pas, selon la proposition.


« La proposition d'amendement pourra sauver le Parlement. Certains pensent qu'elle ôte le pouvoir aux législateurs. Au contraire, elle pourra protéger l'institution », a martelé le député de Pétion-ville, à l'émission Ranmase sur RTVC.

En proposant un changement de régime, le rapport du travail de la commission responsabilise beaucoup plus le président de la République. «  Le président ne sera plus mineur. S'il a bien géré la chose publique, la nation lui sera reconnaissante. S'il a dilapidé les fonds de l'Etat, il sera puni », a ajouté l'entrepreneur.

Par ailleurs, pour l'avocat-militant, Me André Michel, le président n'a jamais été mineur, au regard de la constitution de 1987. Le président n'est pas ordonnateur de droit, mais de fait. Pour étayer sa position, l'homme de loi a évoqué le cas de Sophia Martelly, qui a reçu le certificat de décharge en 2015 pour avoir été ordonnatrice de fait de COLFAM.

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