Dimanche 18 Novembre, 2018

La procureure générale de Paris dénonce le "coup de force" du camp Mélenchon

La procureure générale de la cour d'appel de Paris Catherine Champrenault lors d'une audience solennelle à Paris le 16 janvier 2017

La procureure générale de la cour d'appel de Paris Catherine Champrenault lors d'une audience solennelle à Paris le 16 janvier 2017

Quatre jours après les perquisitions houleuses ayant visé LFI, qualifiées d'"offensive politique" par son leader Jean-Luc Mélenchon, la procureure générale de la cour d'appel de Paris a dénoncé samedi "un coup de force" contre magistrats et policiers.

Dans une scène filmée par des journalistes, Jean-Luc Mélenchon avait notamment appelé ses proches à "enfoncer la porte" pour entrer dans les locaux de son mouvement où une perquisition était en cours. Il a ensuite bousculé un représentant du parquet ainsi qu'un policier qui s'interposait.

Mais, accompagnés de militants et de députés LFI, il "a voulu rentrer en force", et "c'est parce qu'on ne pouvait pas filtrer eu égard à cette pression physique sur la porte, qu'effectivement on n'a pas laissé passer M. Mélenchon car on ne pouvait pas laisser passer le groupe", a expliqué Mme Champrenault.

- Ordinateurs restitués -

Catherine Champrenault n'a pas vu l'"opération de police de type antiterroriste" fustigée par le patron des Insoumis mais un dispositif "de plusieurs dizaines de policiers", ce qui est "normal car il y avait une quinzaine de perquisitions".

La justice a ouvert deux enquêtes préliminaires, sous l'égide du parquet, portant sur des emplois présumés fictifs de parlementaires européens et sur les comptes de campagne de l'ex-candidat à la présidentielle.

La magistrate a également voulu rassurer M. Mélenchon, inquiet vendredi de l'"usage" qui pourrait être fait des données personnelles prélevées sur les ordinateurs récupérés par les enquêteurs, notamment les "photos personnelles les plus intimes".

"Tout ce qui a été pris ici l'a été illégalement et doit nous être restitué", avait déclaré vendredi le député des Bouches-du-Rhône, exigeant "l'annulation de cette perquisition et la restitution de tout ce qui a été prélevé".