Mardi 18 Décembre, 2018

La population iranienne en première ligne face aux sanctions américaines

Le grand bazar de Téhéran le 3 novembre 2018

Le grand bazar de Téhéran le 3 novembre 2018

Heidar Fekri, 70 ans, tient une petite boutique d'équipements industriels dans le bazar de Téhéran, depuis bien avant la Révolution islamique de 1979. Mais, pour la première fois, il a peur pour la survie de son commerce.

L'économie iranienne souffrait déjà de nombreux maux avant la décision de Donald Trump en mai de se retirer de l'accord nucléaire conclu en 2015 entre l'Iran et les grandes puissances, puis de rétablir des sanctions.

Le retour annoncé d'un embargo sur le pétrole lundi a d'ores et déjà plongé le pays dans une récession et devrait entraîner une contraction de 3,6% de l'économie en 2019, selon le Fonds monétaire international (FMI).

"Les ventes ont chuté de 90% ces six derniers mois. Tout le bazar souffre", affirme-t-il à l'AFP.

Pour aider les ménages iraniens à faire face à l'inflation galopante, le gouvernement a commencé à distribuer des colis alimentaires à près de la moitié d'entre eux.

Pour la classe moyenne, le coup psychologique est peut-être le plus dur: avec la conclusion de l'accord nucléaire, elle avait espéré voir enfin l'Iran perdre son statut de paria de la communauté internationale.

Washington affirme que les sanctions visent à freiner les activités "déstabilisatrices" de l'Iran au Moyen-Orient. Beaucoup, en Iran, les perçoivent toutefois comme une tentative américaine de provoquer un changement de régime.

Ce Britannique a été forcé de licencier six de ses 30 employés et de réduire les salaires des autres, au moment où ses clients étrangers partaient l'un après l'autre.

- "Génération sacrifiée" -

"Oui, les Américains font de mauvaises choses, mais ils protègent leurs intérêts. Si notre Etat avait protégé les intérêts de l'Iran, nous n'en serions pas là", accuse Erfan Yusufi, 30 ans, dont le nouveau café branché peine à faire face à l'augmentation des prix et à la baisse de la clientèle.

"Nous savons tous que les gens souffrent et sont sous pression (mais) nous ne pouvons pas dire à notre peuple qu'en raison de la pression américaine, nous ne pouvons rien faire", a déclaré le président Hassan Rohani au Parlement.

Malgré leurs difficultés économiques, rien ne laisse croire que les Iraniens désirent un changement de régime. Une grande partie de la population soutient toujours fermement la Révolution islamique.

Parmi les jeunes, le sentiment d'être une "génération sacrifiée" est prégnant.

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