Mardi 15 Octobre, 2019

La PNH aurait brutalisé des habitants de Kanaan

Photos : Vladjimir Legagneur

Photos : Vladjimir Legagneur

C’est en tout cas le rapport de Konbit ayisyen pou lojman altènatif (Kayla). Dans la soirée du vendredi 18 au samedi 19 août 2017, des policiers auraient tiré et lancé des gaz lacrymogènes pour empêcher une mobilisation de la population de Canaan. Ces derniers s’opposaient à la destruction, par les autorités municipales de Croix-des-Bouquets, du bâtiment appelé « Gravelle », considéré comme l’unique bien de la zone dénonce, via une note Kayla.

Ci-dessous, un tableau sombre de la situation sur place après le tremblement de terre du 12 janvier 2010 dressé par notre rédacteur Rosny Ladouceur en début du mois de juillet.


 

Véritable refuge après le violent séisme du 12 janvier, Canaan a grossi. Les frêles bicoques, les routes défoncées mais aussi ces maisons en bétons dessinent le triste tableau d’un vaste bidonville qui a pullulé au fil des années.

Kettly Mars, une des plus belles plumes de la littérature haïtienne contemporaine, peint dans Blues pour Canaan la déshumanisante vie des Cananéens nichés au flanc d’une colline, le crasseux quotidien d’une terre délaissée par les faiseurs de promesses et où se mêlent sexe (source de revenus), prostitution et pédophilie.

Dans ce lieu perverti où abritaient des rescapés du tremblement de terre du 12 janvier 2010, les habitants tiennent tête à la vie dure. 7 ans après la catastrophe, Canaan connait encore des jours sombres.

La vie réinventée

Notre photographe Vladjimir Legagneur sillonnait la terre promise, presqu’inhabitée avant, arpentait les recoins sales de ce vaste bidonville.

Il posait weekend dernier l’œil de sa caméra sur des visages ensoleillés, sur ce coin minable dont le quotidien a déjà été raconté par la romancière haïtienne Kettly Mars dans son captivant récit « Aux frontières de la soif », publié localement et en France.  

Les frêles bicoques, les routes crottées, chaussée empierrée, empilement de maisons en bétons anarchiquement construites, urbanisation incontrôlée, pauvreté et misère, rareté de l’eau potable : Canaan, toujours baigné de soleil aveuglant et chaud, a raté l’occasion d’être une ville aménagée découlant d’une politique publique d’habitat et de logements. Mais ce qui sidère, par-dessus-tout, « c’est la vie qui est réinventée, c’est l’amère quotidien des habitants qui tentent de survivre malgré eux et malgré tout », rapporte notre confrère.

Ce vaste camp de bâches qui accueillait des milliers de sinistrés au lendemain du séisme a grossi et signe la déchéance des autorités de l’État qui n’envisage aucun plan réel de reconstruction et de développement. Dans cette coulée de mornes où la vie ne se la coule pas douce, la surpopulation est brutale. L’espoir d’un lendemain meilleur ne souffle pas.


Recevez gratuitement les dernières nouvelles locales et internationales directement sur votre téléphone :

Téléchargez l’application Loop News Caribbean sur Google Play Store : http://bit.ly/1HHj2Uu

Téléchargez l’application Loop News Caribbean sur l’App Store : http://apple.co/2e3q1Lk 

Recevez gratuitement les dernières nouvelles d'Haïti et d'ailleurs directement sur votre téléphone en téléchargeant l'App de Loop News :