Mercredi 18 Septembre, 2019

Haïti : une rentrée scolaire perturbée par la pénurie d'essence

Le ministre de l'Education Nationale, Pierre Josué Agénor Cadet (au milieu) aux côtés du DG du FNE (Joseph Nicolas), distribuant des matériels éducatifs aux élèves de l'Ecole Nationale de Frères./Photo: MENFP.

Le ministre de l'Education Nationale, Pierre Josué Agénor Cadet (au milieu) aux côtés du DG du FNE (Joseph Nicolas), distribuant des matériels éducatifs aux élèves de l'Ecole Nationale de Frères./Photo: MENFP.

En pleine panne de carburant et sur fond d’une grave crise économique qui affecte de nombreuses familles haïtiennes, cette rentrée scolaire est perturbée dans plusieurs endroits de la capitale par la pénurie d'essence.

Les responsables du ministère de l’Éducation nationale dont son titulaire, Josué Agénor Cadet, ont procédé, lundi 9 septembre, au lancement officiel de la réouverture des classes au local de l’École Nationale de Frères, fraîchement réhabilitée par le FNE.

Plusieurs hauts cadres du MENFP, ainsi que Joseph Nicolas (DG du Fonds National de l’Éducation), Guichard Doré (conseiller de la présidence), Maria Luisa Fornara (représentante de l’UNICEF), étaient présents à cette cérémonie. Dans son allocution de circonstance, Pierre Josué Agénor Cadet, numéro un du MENFP, a dénoncé « la prise d’otages du système éducatif dans des rivalités politiques contre productives donc opposées aux intérêts de la jeunesse et du pays ». Le ministre appelle à la « protection du droit à l’éducation, demande à tous les acteurs de laisser l’école en dehors de la politique ».

Le ministère de l’Éducation nationale s’est donc réjoui de cette timide réouverture et a défendu, hier lundi 9 septembre au local de l’École Nationale de Frères, l’idée d’une école « qui ne doit être en otage de quiconque ».

Certaines écoles ont timidement fonctionné, hier lundi : les salles de classe étaient quasiment vides, les professeurs peu présents, la circulation peu dense. Des parents manifestent leur mécontentement en raison de cette rareté de gaz qui ralentit ou handicape les activités économiques.

Encore ce mardi, la crise s’accentue : certaines pompes à essence sont restées fermées, les automobilistes se sont rué dans les rares stations-service pour ne pas tomber dans la panne sèche. Entre temps, le marché noir où le prix est fixé de manière exorbitante, sans contrôle strict des autorités concernées, continue de soulever la grogne des propriétaires de véhicules. Un gallon de gazoline s’achète entre 500 à 750 gourdes au carrefour Clercine, sous les yeux de la Brigade d’Intervention Motorisée (BIM), une unité de la Police Nationale, a constaté ce mardi matin un membre de l’équipe. Les chauffeurs de taxi-motos font leur beurre dans la revente illicite du carburant à prix fluctué, a témoigné un chauffeur, fatigué de tourner en rond dans d’autres zones avoisinantes de la commune de Tabarre.

D’autres régions et de nombreuses villes de province subissent de plein fouet cette rareté, surtout dans un contexte marqué par l’absence d’un gouvernement légitime, ajouté au fait que la loi de finances 18-19 n’est jamais voté, que les bailleurs et partenaires financiers internationaux ont quasi gelé tous les fonds.

Quoique le Premier Ministre Fritz William Michel ait obtenu le vote favorable de la chambre basse pour la déclaration de sa politique générale, le successeur de Jean Michel Lapin devait bientôt se présenter au sénat aux fins de défendre son programme de gouvernance, ainsi que les actions que son équipe compte poser en vue de faire face aux défis socio-économiques qui l’attendent.

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