Lundi 16 Décembre, 2019

La Nouvelle-Calédonie choisit la France, l'Etat prépare la suite

La Nouvelle-Calédonie choisit la France, l'Etat prépare la suite

La Nouvelle-Calédonie choisit la France, l'Etat prépare la suite

Edouard Philippe réunira en décembre l'ensemble des forces politiques calédoniennes à Paris pour "tirer les conclusions du référendum", a-t-il annoncé lundi à Nouméa, au lendemain de la victoire moins large qu'attendu des partisans du maintien de la Nouvelle-Calédonie dans l'ensemble français.

Au-delà des questions institutionnelles, M. Philippe a insisté sur "les enjeux économiques et sociaux" du territoire, "parfois placés au second plan", alors que les accords de Matignon et de Nouméa, signés en 1988 et 1998, contiennent l'ambition d'un rééquilibrage de la richesse.

Le référendum était l'aboutissement du travail de réconciliation entre les Kanak et les Caldoches, entamé avec les accords de Matignon de 1988. Ces accords avaient été signés après les violences des années 1980, qui avaient culminé avec la prise d'otages et l'assaut de la grotte d'Ouvéa en mai 1988 (25 morts).

Le Premier ministre, qui veut poursuivre le dialogue engagé depuis 30 ans après la quasi guerre civile des années 80 entre indépendantistes kanak et droite loyaliste, avait déjà salué, lors d'un échange avec des étudiants calédoniens, la participation "absolument considérable" et le déroulement d'un référendum qui, selon lui, "s'est plutôt bien passé", en dépit de quelques incidents à Nouméa et à Saint-Louis, tribu aux portes de la ville.

- Inégalités -

Patricia, retraitée et "calédonienne depuis plusieurs générations" n'est "pas surprise" du bon score des indépendantistes. "A force de ne pas vouloir partager, cela va péter à la figure des non indépendantistes", prédit-elle, dénonçant "les inégalités sociales criantes" qui frappent les Kanak.

"Nous ne sommes pas au crépuscule de notre revendication, au contraire", a souligné Roch Wamytan, chef du groupe UC-FLNKS et nationalistes au Congrès.

Selon Pierre-Christophe Pantz, docteur en géopolitique, ce résultat "va forcer les non-indépendantistes à revoir leur copie".

Philippe Gomès, leader du parti non indépendantiste Calédonie Ensemble (droite modérée) note qu'"il y a 18.000 voix d'écart quand même, donc un référendum en 2020, c'est pas non plus la multiplication des pains".

Selon Sonia Backès, présidente du groupe Les Républicains calédoniens au Congrès, ces nouveaux scrutins vont apporter "quatre ans d'instabilité". Elle a lancé un appel à l'union des loyalistes.

Interrogé sur France Ô, le Premier ministre n'a pas voulu se prononcer sur la tenue d'un deuxième référendum dans deux ans.

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