Jeudi 24 Janvier, 2019

La mobilisation des "gilets jaunes" s'essouffle

Des "gilets jaunes" forment une pyramide humaine dans la manifestation sur les Champs-Elysées à Paris, le 15 décembre 2018

Des "gilets jaunes" forment une pyramide humaine dans la manifestation sur les Champs-Elysées à Paris, le 15 décembre 2018

Une mobilisation en net recul, des échauffourées dans quelques villes mais pas de casse: le mouvement des "gilets jaunes" s'est essoufflé samedi en France, contrastant avec les violents heurts des semaines précédentes pour réclamer à Emmanuel Macron plus de pouvoir d'achat.

Vers 19H00, le ministère de l'Intérieur comptabilisait 66.000 manifestants dans toute la France, soit deux fois moins que les 126.000 recensés samedi dernier à la même heure.

Cette journée "est un peu un échec, mais c'est à cause de l'État qui nous empêche de manifester correctement", estimait Lucie, une aide ménagère de 35 ans venue de Melun à Paris. Laurent, un salarié dans l'informatique qui veut "faire évoluer la politique et la représentativité du citoyen", rejettait tout échec: "On est soutenu. Partout où on va il y a des klaxons".

A Paris, les Champs-Elysées, épicentre des heurts lors des précédents samedis, avaient rouvert à la circulation en début de soirée. Dans l'après-midi, de petites échauffourées y ont opposé "gilets jaunes" aux forces de l'ordre, sans commune mesure avec le déferlement de violence des semaines passées.

Les manifestants étaient globalement moins nombreux, en particulier dans plusieurs villes comme à Rennes, Caen ou Strasbourg.

Autre chiffre révélateur: peu après 18H00, il y avait eu à Paris 168 interpellations dont 115 gardes à vue, et sept blessés légers, bien en-deçà des chiffres record de la semaine dernière.

"On se battra tant qu'on n'aura pas gain de cause", a assuré Daisy, venue à Paris de l'Isère avec son compagnon. Le couple, qui se "serre la ceinture" pour ses "petits", ne s'offrira pas de cadeaux pour Noël: "C'est trop compliqué de se faire plaisir, on s'offrira des câlins".

Aux abords des grands magasins parisiens, en pleine activité à l'approche de Noël, les badauds se croisaient avec des sacs de courses, loin de l'impression d'état de siège les semaines précédentes.

Les accès aux institutions (Palais de l'Élysée, Hôtel Matignon, Assemblée nationale, ministère de l'Intérieur, etc.) avaient été protégés. Mais la Tour Eiffel et plusieurs musées fermés samedi dernier étaient restés ouverts.

"Quand on voit le +blablatage+ sur Facebook des champions du clavier et quand on voit concrètement combien de personnes il y a dans la rue, je vous le dis honnêtement, je n'ai qu'une envie, c'est de poser le gilet", résumait à Lyon Stella, employée de bureau de 44 ans.

Les annonces d'Emmanuel Macron lundi, dont la plus emblématique porte sur une hausse de 100 euros des revenus au niveau du Smic, visaient à répondre aux revendications immédiates des "gilets jaunes" réclamant moins de taxes et plus de pouvoir d'achat.

Ce ne "sont pas des réponses qui réduisent les inégalités sociales, et le fond de l'affaire c'est quand même ça : l'augmentation des inégalités et le fait qu'on fait payer aux pauvres les allègements d'impôt des plus riches", renchérissait Claire Bornais, enseignante.

En fin de journée, et sous une pluie battante, un gilet jaune venu de Maubeuge assurait qu'il ne reviendrait pas samedi prochain: "On est déjà venu quatre fois, c'est bon là".

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