Dimanche 16 Décembre, 2018

Ce département français regorge d'emplois mais manque la main d'oeuvre

Selon le président du Medef départemental, en Mayenne 50% des offres d'emplois ne sont pas pourvues

Selon le président du Medef départemental, en Mayenne 50% des offres d'emplois ne sont pas pourvues

Avec un taux de chômage de 5,8%, second parmi les faibles de France, la Mayenne frôle le plein emploi. Mais sur le terrain, c'est un véritable casse-tête pour les entreprises, qui ne savent plus comment s'y prendre pour embaucher.

Dans une note de synthèse, la Chambre de commerce fait état d'"une population de jeunes difficile à maintenir sur le territoire" et d'un "manque d'attractivité du département pour les cadres", un constat qui se traduit notamment par un solde migratoire négatif.

"Ce serait caricatural de dire qu'il n'y a qu'à traverser la rue pour trouver du travail en Mayenne", nuance toutefois Franck Leroy, directeur territorial délégué à Pôle Emploi. "Il faut souvent suivre des formations complémentaires pour répondre vraiment aux besoins", précise-t-il.

"On n'a pas d'image", déplore de son côté le président du conseil départemental Olivier Richefou. "Pendant longtemps l'état d'esprit a été de dire: +le bruit ne fait pas de bien et le bien ne fait pas de bruit+, selon les mots du père de l'actuel président de Lactalis (dont le siège est à Laval NDLR), mais c'est fini, le bruit s'appelle la communication, et ça fait du bien".

En novembre, 53 patrons ont tenté de faire parler d'eux en se rendant à la Maison de la Radio pour une séance de "job dating". Le groupe Lucas compte former une cinquantaine de migrants à ses métiers, tandis que l'équipementier automobile Tenneco verse une prime de 400 euros à ceux de ses salariés qui permettent l'embauche d'un collaborateur.

Dernièrement, l'agglomération lavalloise a également lancé une opération de séduction en allant présenter ses entreprises aux demandeurs d'emploi de départements où le taux de chômage avoisine les 12%, comme la Seine-Saint-Denis.

Parmi les bénéficiaires, Mohamed El Khaldi, 46 ans, s'est installé à Laval il y a deux semaines où il a décroché un CDI de régleur sur presse. "Je viens de la Marne où même mon conseiller Pôle emploi me disait qu'il n'y avait pas de boulot", raconte-t-il. "Ici les gens sont accueillants et à l'écoute. J'ai reçu une mallette de bienvenue qui propose une promenade en bus pour découvrir la ville", s'amuse-t-il.

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