Lundi 24 Septembre, 2018

La manifestation anti Trump dispersée par la Police nationale

Un manifestant exhibe sa pancarte et son message durant la marche/ Photo: Estailove St-Val/ Loop Haiti

Un manifestant exhibe sa pancarte et son message durant la marche/ Photo: Estailove St-Val/ Loop Haiti

Ce lundi, des centaines d’haïtiens ont gagné les rues de Port-au-Prince pour dénoncer les propos « racistes » du président Donald Trump ayant traité Haiti, Salvador et des pays d’Afrique de « pays de merde » lors d’une rencontre sur l’immigration. Durant son parcours, la foule, protégée par un important dispositif de sécurité, scandait des mots et exhibait des pancartes exprimant avec crudité et à l’haïtienne leurs colères vis-à-vis du chef d’Etat américain et des tenants du pouvoir en pouvoir en place.

Quoique furax à cause des mots utilisés par Donald Trump pour parler d'Haiti, certains protestataires ne s'opposent pas totalement aux dires du président américain, mais croit que si, comme il le dit, le pays est aujourd'hui un « pays de merde », les Etats-Unis n'est pas pour rien.

 

Si, comme voulu, les leaders de cette énième démonstration anti « shithole » ont su, malgré le soleil, réunir de nombreux participants et ont su parcourir plusieurs quartiers populaires de la capitale, ils ont cependant raté l’un des objectifs principaux de l’évènement : celui de se rendre devant l’Ambassade des Etats-Unis à Port-au-Prince, et livrer leur message. Et à cela, la Police nationale n’est pas irréprochable.

Sans grande surprise, après plus d’une trentaine de minutes de marche, en compagnie de quelques fers de lance de l’opposition dont l’ex Sénateur Moise Jean-Charles et Josué Mérilien, les manifestants ont dû, à 300 mètres environ de l’Ambassade américaine, affronter un lourd dispositif de sécurité de la police nationale qui les attendait et ils ont dû rebrousser chemin, suite à quelques jets de pierres, de bouteilles et quelques frictions.

 

 

« Ce sont des ti sousou, ces policiers. Ils protègent les intérêts des classes riches et des étrangers, et non ceux du peuple », crachent des manifestants furieux de ne pouvoir atteindre leur destination et livrer leur message aux américains qui, selon eux, sont responsables de la situation actuelle d’Haiti.

Cela est inacceptable, lance Josué Mérilien, coordonnateur du l’Union nationale des normaliens haïtiens (UNNOH) qui annonce tout-de-suite une conférence de presse pour mardi et une prochaine manifestation pour le 26 du mois.

Des haïtiens, pancartes en mains, ont manifesté à Port-au-Prince, pour réagir aux propos du président américain, jeudi dernier. D’autres marches ont eu lieu, notamment à New York et en Floride. Des organisations du « secteur démocratique et populaire » haïtiennes avaient prévu, en signe de riposte, livrer un message devant l’Ambassade des Etats-Unis à Port-au-Prince, ce 22 janvier 2018, à l’issue d’une manifestation baptisée « marche de la dignité nationale ».

Si des organisateurs et participants de la marche se félicitent de sa réussite, du fait d’avoir réuni du monde, d’autres observateurs croient que cette dernière est passée à côté de son objectif final qui était la lecture du message solennel par le Député d’Aquin, Jean Robert Bossé, devant l'ambassade des Etats-Unis. Josué Mérilien, l’un des organisateurs, a annoncé une conférence de presse, pour mardi, durant laquelle, ils communiqueront la prochaine étape de leur combat.

Photos de la manif: 

Manifestation en Haiti pour dénoncer les propos de Donald Trump