Samedi 17 Février, 2018

La grippe aviaire réapparaît en République Dominicaine et menace Haïti

Un foyer d'élevage de volailles. Photo:RDC finance

Un foyer d'élevage de volailles. Photo:RDC finance

De nouveaux foyers de grippes aviaires ont été découverts dans le Nord-ouest de la République Dominicaine en novembre dernier. Une nouvelle inquiétante pour Haïti qui continue d’importer des produits avicoles chez le pays voisin malgré l’arrêté publié en 2006. L’arrêté interdit toute importation d’œufs et des poulets de chair qui sont actuellement très consommés dans le pays.

Selon les chiffres du ministère de l’Agriculture, Haïti consomme au moins 411 millions d’œufs par année. Les producteurs locaux n'en produisent que 30%. La plus grande marge est laissée aux Etats-Unis, Brésil et Canada. Mais, l’importation la plus inquiétante provient de la contrebande qui s’opère au quotidien sur la frontière avec la République Dominicaine.

L’incapacité des autorités haïtiennes de faire appliquer les strictes mesures prévues par l’arrêté de 2006 profite aux contrebandiers qui font passer des produits avicoles alors que des foyers de grippes aviaires ont été découverts en 2008 en République Dominicaine. Le responsable de la direction santé animale au ministère de l’Agriculture, dans un entretien accordé au Nouvelliste, se plaint des dérives. « Les autorités dominicaines avaient assuré que les volailles des foyers contaminés ont été abattus » a affirmé Norélus Pierre qui trouve que ces mesures sont insuffisantes.

Selon lui les autorités dominicaines ont manifesté la volonté de voir cesser ces interdictions, mais croit qu’elles sont acceptables. « Une fois qu’un foyer de grippe aviaire est découvert dans un pays, ses partenaires commerciaux doivent cesser toute importation de produits avicoles en provenance de ce pays » a fait savoir l’agronome Norélus Pierre. Il dit craindre une éventuelle propagation de la grippe aviaire en Haïti qui, selon lui, causerait préjudice aux producteurs haïtiens.

Les éleveurs haïtiens produisent au moins 1 million 450 poulets de chair tous les mois contre un besoin de consommation de l’ordre de 7,5 millions tous les mois toujours selon les chiffres du ministère de l’Agriculture. Des chiffres qui frappent de plein fouet la production locale.