Jeudi 4 Juin, 2020

La grève de la faim des étudiants contre Jovenel Moïse est levée

Le 19 octobre, la Croix-Rouge arrive dans les locaux de la FDSE suite à une alerte sur l'état de santé de plusieurs grévistes. Photo: Raoul Junior Lorfils

Le 19 octobre, la Croix-Rouge arrive dans les locaux de la FDSE suite à une alerte sur l'état de santé de plusieurs grévistes. Photo: Raoul Junior Lorfils

Une décision motivée, selon les grévistes, par l'état de santé de plusieurs d'entre eux.

Une quinzaine d'étudiants issus des universités publiques et privées, avaient pris la décision, 15 octobre dernier, d'entamer dans les locaux de la Faculté de droit et des sciences économiques (FDSE), une grève de la faim illimitée pour exiger la démission de Jovenel Moïse. Le mouvement se déroulait au même moment que le "pays lock" en cours depuis huit semaines dans le pays et dont l'objectif est aussi d'obtenir le départ du pouvoir en place.

 

Le président Jovenel Moïse, dans différentes prises de paroles sur la crise durant les dernières semaines, a rejeté toute idée d'écourter son mandat comme l'exigent divers secteurs de la vie nationale. Le locataire du palais national propose, comme moyen de résoudre la crise, le dialogue. Une main tendue rejetée par de nombreux acteurs mais soutenue par une partie de la communauté internationale, dont les Etats-Unis d'Amérique.

Après 24 jours de grève, les étudiants ont décidé d'abandonner le mouvement ce mardi 5 novembre 2019. Les participants ont expliqué à notre rédaction que cette mesure était adoptée suite à la dégradation de l'état de santé de plusieurs collègues. "Nous ne sommes pas obligés de mourir", a fait savoir l'un d'entre eux.

Les protestataires soulignent en passant que durant toute la période de leur grève, l'exécutif n'a pas pipé mot sur leur mouvement. Les rares visites ont été celles de journalistes et de certains particuliers, rappellent-ils. Rien n'a changé même après plusieurs alertes concernant des malaises qu'ont eus les étudiants ou encore le jour où ils ont essuyé des jets de pierres d'un groupe d'individus cagoulés.

Cependant, les étudiants indiquent que cet arrêt de la grève ne traduit pas un abandon mais juste une "trêve" avant le début de la prochaine étape du combat. "Notre position n'a d'ailleurs pas changé. Nous allons embrasser la lutte sous une forme. Nous continuerons à exiger la démission du président et le changement de ce système", nous a fait savoir Junie Salomon.

Un échec ?

"Non, il n'y a pas d'échec", a indiqué pour sa part Steve Merandisse. Pour lui, leur message est passé, même si l'objectif final - la démission de Jovenel Moïse -, n'a pas été atteint durant ce premier chapitre du combat. 

Par Raoul Junior Lorfils / @lorfilsraouljr

 

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