Lundi 20 Août, 2018

Sans anesthésie, l’Hôpital Général en crise à l’approche du carnaval

Des médecins opérant un malade à l'HUEH. Photo: Flickriver

Des médecins opérant un malade à l'HUEH. Photo: Flickriver

Hier mercredi, une femme est arrivée dans les salles d’urgences de l’Hôpital de Université d’Etat d’Haïti (HUEH) avec un couteau planté dans le dos. L’absence « d’anesthésie » a rendu les médecins impuissants face à la souffrance de la jeune dame qui a dû se rendre ailleurs. Cette scène décrit, en partie, la réalité de l’hôpital à moins d’une semaine des festivités carnavalesques.

Les autorités responsables du carnaval ont pourtant noté l’HUEH sur la liste des hôpitaux pouvant venir en renfort aux victimes. C’est la ministre de la santé publique, Marie Gréta Clément qui l’a cité au cours de la dernière présentation des « Lundis de la Presse » réalisée le 5 février dernier. « Nous avons renforcé le plateau technique de l’hôpital avec de nouveaux appareils anesthésiques pour les cas sollicitant une intervention immédiate » a-t-elle affirmé.

Le Dr.  Philippes Desmangles, dans une interview accordée à Loop Haiti, prend le contrepied des propos de la ministre qui font croire que l’HUEH serait déjà disposé à recevoir les cas d’urgence durant la période carnavalesque. « Le gouvernement a effectivement fait don de deux machines anesthésiques, mais il nous manque de l’oxygène pour les faire fonctionner » informe le médecin.

« Donc, rien a changé. C’est une politique de façade » selon Philippes Desmangles qui se demande de quelle manière l’hôpital pourra accueillir un grand nombre de victimes avec toutes ses crises qu’il surmonte au quotidien. Actuellement, la salle d’opération ne fonctionne pas parce qu’il n’y a pas d’intrants et le manque de plusieurs autres matériels.

Manque de personnel

En plus d’un manque de matériels, l’hôpital fait également face à une carence de personnel. La salle des urgences ne disposent que de 23 infirmiers pour de 60 lits. Cette situation oblige les auxiliaires à faire le travail des infirmières qui doivent seulement travailler 40 heures par semaines.

Le corps des médecins est vieillissant. Selon Philippes Desmangles. Le plus jeune des médecins est actuellement âgé de 40 ans. « Les autres docteurs dépassent 58 ans. Ils ne peuvent plus passer de nuit blanche à travailler comme auparavant » lance le médecin qui dit que l’Etat doit renouveler le personnel par des jeunes.

A qui la faute ?

Le Dr. Desmangles rejette la faute sur les responsables de l’hôpital qui, dit-il, ne font qu’assister à son délabrement. « Les responsables de l’HUEH ne définissent aucune ligne budgétaire qui pourrait améliorer la situation », selon le médecin.

Il estime qu’il est déficitaire pour l’hôpital de conserver sa politique de ne pas vendre de médicaments. Plusieurs de ces médicaments coutent très chers et ne sont pas disponibles sous forme de dons » fulmine Dr. Desmangles.

Philippe Desmangles déclare que les autorités du gouvernement sont au courant de la crise. « Jack Guy Lafontant travaillait à l’hôpital bien avant qu’il ne devienne premier ministre. Ils sont tous au courant » lance le médecin qui dit ne pas comprendre l’attitude des autorités.

Interrogé sur la prochaine fermeture des deux centres hospitaliers des Médecins sans Frontières, Philippes Desmangles dit qu’il ne croit pas que cela va avoir de trop grandes conséquences. « On va survivre comme auparavant. Nos hôpitaux  accueilleront le nombre de patient qu’ils ont toujours pu accueillir » finit-il tout en avouant que l’organisation n’a pas vraiment respecté les conditions de traitement des patients depuis le démarrage des activités dans ces centres en 2010.

Sans anesthésie, l’Hôpital Général en crise à l’approche du carnaval

Hier mercredi, une femme est arrivée dans les salles d’urgences de l’Hôpital de Université d’Etat d’Haïti (HUEH) avec un couteau planté dans le dos. L’absence « d’anesthésie » a rendu les médecins impuissants face à la souffrance de la jeune dame qui a dû se rendre ailleurs. Cette scène décrit, en partie, la réalité de l’hôpital à moins d’une semaine des festivités carnavalesques.

Les autorités responsables du carnaval ont pourtant noté l’HUEH sur la liste des hôpitaux pouvant venir en renfort aux victimes. C’est la ministre de la santé publique, Marie Gréta Clément qui l’a cité au cours de la dernière présentation des « Lundis de la Presse » réalisée le 5 février dernier. « Nous avons renforcé le plateau technique de l’hôpital avec de nouveaux appareils anesthésiques pour les cas sollicitant une intervention immédiate » a-t-elle affirmé.

Le Dr.  Philippes Desmangles, dans une interview accordée à Loop Haiti, prend le contrepied des propos de la ministre qui font croire que l’HUEH serait déjà disposé à recevoir les cas d’urgence durant la période carnavalesque. « Le gouvernement a effectivement fait don de deux machines anesthésiques, mais il nous manque de l’oxygène pour les faire fonctionner » informe le médecin.

« Donc, rien a changé. C’est une politique de façade » selon Philippes Desmangles qui se demande de quelle manière l’hôpital pourra accueillir un grand nombre de victimes avec toutes ses crises qu’il surmonte au quotidien. Actuellement, la salle d’opération ne fonctionne pas parce qu’il n’y a pas d’intrants et le manque de plusieurs autres matériels.

Manque de personnel

En plus d’un manque de matériels, l’hôpital fait également face à une carence de personnel. La salle des urgences ne disposent que de 23 infirmiers pour de 60 lits. Cette situation oblige les auxiliaires à faire le travail des infirmières qui doivent seulement travailler 40 heures par semaines.

Le corps des médecins est vieillissant. Selon Philippes Desmangles. Le plus jeune des médecins est actuellement âgé de 40 ans. « Les autres docteurs dépassent 58 ans. Ils ne peuvent plus passer de nuit blanche à travailler comme auparavant » lance le médecin qui dit que l’Etat doit renouveler le personnel par des jeunes.

A qui la faute ?

Le Dr. Desmangles rejette la faute sur les responsables de l’hôpital qui, dit-il, ne font qu’assister à son délabrement. « Les responsables de l’HUEH ne définissent aucune ligne budgétaire qui pourrait améliorer la situation », selon le médecin.

Il estime qu’il est déficitaire pour l’hôpital de conserver sa politique de ne pas vendre de médicaments. Plusieurs de ces médicaments coutent très chers et ne sont pas disponibles sous forme de dons » fulmine Dr. Desmangles.

Philippe Desmangles déclare que les autorités du gouvernement sont au courant de la crise. « Jack Guy Lafontant travaillait à l’hôpital bien avant qu’il ne devienne premier ministre. Ils sont tous au courant » lance le médecin qui dit ne pas comprendre l’attitude des autorités.

Interrogé sur la prochaine fermeture des deux centres hospitaliers des Médecins sans Frontières, Philippes Desmangles dit qu’il ne croit pas que cela va avoir de trop grandes conséquences. « On va survivre comme auparavant. Nos hôpitaux  accueilleront le nombre de patient qu’ils ont toujours pu accueillir » finit-il tout en avouant que l’organisation n’a pas vraiment respecté les conditions de traitement des patients depuis le démarrage des activités dans ces centres en 2010.