Lundi 23 Septembre, 2019

La demande de mise en accusation de Jovenel Moïse rejetée

Fin de la saga. La demande de mise en accusation du président Jovenel Moïse a été rejetée à la Chambre basse tôt ce matin du 22 août 2019. A l'issu de la séance ayant duré plus de 12 heures, 53 députés ont voté contre la motion de mise en accusation, trois (3) ont voté pour et cinq (5) ont fait abstention.

Ce résultat, satisfaisant pour certains mais décevant pour d'autres, était quelque peu prévisible compte tenue de l'importance de la majorité pro-PHTK présente à la Chambre basse face aux députés minoritaires initiateurs de cette démarche historique. A cette séance ayant rassemblé 83 députés, il fallait 80 votes "en faveur" de la demande de mise en accusation du chef de l'Etat pour qu'elle puisse être retenue. Ce après quoi le Sénat se serait érigé en Haute cour de justice en vue de la destitution de Moïse.

La séance allait démarrer avant 5 heures de l'après-midi. Après le premier appel nominal, 64 députés avaient répondu présents, ce qui posait un problème de quorum pour la tenue de ce rendez-vous avorté une première fois le 7 août ensuite le 12 du même mois. Le président de la Chambre basse, devant la confusion liée à la question de quorum, allait accorder une suspension de 30 minutes.

La rencontre parlementaire allait être reprise un peu plus d'une heure après et suite à une deuxième vérification du quorum, 83 députés ont été constatés dans la salle, contre 64 dans un premier temps. Le quorum étant constaté, place à la mise à disposition des documents sollicités depuis le 7 août dernier par les députés accusateurs. Une deuxième suspension de séance de 15 minutes allait être accordée aux députés de la minorité après une prise de parole du député de Cabaret Joseph Manès Louis. But: consultation des documents transmis par le bureau.

Après la consultation des documents, le député Vikerson Garnier du parti Lavalas allait faire remarquer seulement 21 % des 33 pièces demandées étaient soumis. Entre temps, des députés proches du président, dont Claude Lesly, dénonçaient dans la salle des manoeuvres en vue de ternir la réputation du chef de l'Etat. 

A 2 heures du matin (jeudi 22 août), l'acte de la demande de mise en accusation contenant 29 pages allait finalement être lue par la première Secrétaire, Marie Gladys Saint-Jean Lundy. Les députés "accusateurs" manifestaient pendant ce temps leur colère en faisant valoir que la lecture de la mise en accusation de Moïse ne pouvait avoir lieu avant l'analyse des documents remis par le bureau de la Chambre basse sous leur demande.

La lecture de la motion a tout-de-même eu lieu au grand dam des élus de la minorité mais avant les votes, le député Jacob Latorue (Gonaïves) a soutenu lors d'une intervention: « Fuyez vos intérêts personnels...mettez-vous aujourd’hui dans la peau du peuple haitien qui souffre. Je vous demande, chers collègues, de donner un vote favorable à la demande de mise en accusation ».

A la fin des débats entre les parlementaires, la demande de mise en accusation du président de la République Jovenel Moïse pour entre autres crime de haute trahison, a été rejetée par 53 votes contre. Seulement trois députés ont voté en faveur de la cause et 5 autres ont fait abstention.

Rappelons qu'après cette séance de demande de mise en accusation, il est prévue pour demain vendredi, à cette même Chambre basse, celle de la ratification de la politique générale de Fritz William Michel, nommé Premier ministre en juillet dernier suite à la démission de Jean Michel Lapin.

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