Vendredi 21 Septembre, 2018

La commission Affaires étrangères du Sénat condamne les actes d’OXFAM

Le Président de la Commission des Affaires Etrangères du Sénat, le Sénateur Nawoon Marcellus

Le Président de la Commission des Affaires Etrangères du Sénat, le Sénateur Nawoon Marcellus

La commission des Affaires étrangères du Sénat haïtien, dans une note publiée cette semaine, dit condamner « fermement » la « violation des lois haïtiennes et la convention des Droits de l’Enfant par des responsables de l’ONG britannique Oxfam. Pour éviter qu’Haïti refasse face à de tels actes malhonnêtes, elle recommande, entre autres, l’ouverture d’une enquête et la traduction en justice des coupables, la sollicitation de la collaboration des pays amis d’Haïti dans le cadre de ce dossier.

C’est maintenant au tour du Sénat haïtien, du moins, d’une commission dudit corps, de faire sa sortie sur le scandale sexuel dont l’ONG britannique Oxfam est au centre depuis quelques jours. Et ce n’est pas pour féliciter les hommes comme le Directeur d’Oxfam en Haïti, Roland van Hauwermeiren ayant profité des (jeunes) femmes en Haïti alors qu’ils étaient en mission humanitaire dans le pays.

Dans sa note signée par son président, le Sénateur Nawoon Marcellus, la commission dit condamner « fermement la violation des lois haïtiennes et la Convention des Droits de l’Enfant par des responsables de l’ONG OXFAM ». Sans vouloir cracher sur la solidarité manifestée par des milliers de citoyens du monde après la catastrophe du 12 janvier, la Commission se veut défenseur des victimes des actes malhonnêtes comme ceux révélés sur Oxfam par le journal britannique Times et se dit pour l’empêchement de la reproduction de ces derniers.

Ouverture d’une enquête pour traduire en justice les coupables ; évaluation du fonctionnement d’Oxfam sur l’aide globale apportée à Haïti après le séisme ; sollicitation de la collaboration des pays amis d’Haïti ; mise à profit de la Législation « Haiti Accountability Act » passée au congrès des USA ainsi que le rapport du Sénateur Chuck Grassley sur la gestion de la Croix-Rouge américaine en Haïti après le séisme de 2010, sont les recommandations émises par la structure du Sénat.

L’objectif est de « protéger la société de ces actes odieux et crapuleux, notamment les enfants […] sur notre sol », d’après ce qu’on peut lire du texte de la Commission des Affaires étrangères du Sénat de la République.

Le scandale sexuel Oxfam en Haïti, que le Président haïtien, Jovenel Moise, condamne et considère comme la pointe de tout un iceberg, interpelle de plus en plus d’acteurs internationaux et nationaux. De nombreuses voix se sont exprimées durant les derniers jours, pour condamner les actes – notamment des rapports sexuels avec des prostituées - dont l’organisation Oxfam est accusée, pour exiger justice et réparation de la dignité du peuple haïtien.

De hauts responsables de l’Oxfam elle-même ont laissé libre cours à leur déception dans les médias. Le gouvernement britannique, de son côté, menace de couper les vivres de l’ONG. Pour sa part, le gouvernement haïtien a annoncé, cette semaine, une enquête sur le scandale. Oxfam, pour calmer les ardeurs, a rendu public, vendredi, son plan d’action visant à combattre les inconduites sexuelles en son sein et informe avoir transmis les noms des hommes impliqués dans cette affaire aux autorités haïtiennes.