Jeudi 13 Août, 2020

Que savez-vous de la chapelle de Milot, trésor haïtien classé à l'ONU?

l'eglise royale de Milot
photo: Geo.fr

l'eglise royale de Milot photo: Geo.fr

La chapelle royale de Milot, classée dans l’année 1982, patrimoine mondial par l’UNESCO est très prisée pour son ancienneté et sa beauté atypique. Mais connaissez-vous l’histoire de ce bâtiment qui fait tant notre fierté partout au monde ?

L’empereur Henri Christophe dit Henry 1er (6 octobre 1767- 8 octobre 1820) entama au début du XIXe siècle la construction de plusieurs édifices au lendemain de l’indépendance d’Haïti dans la partie Nord du pays en vue de sauvegarder la souveraineté du pays contre les colons envahisseurs. Parmi ces réalisations on compte : la citadelle Laferrière, le palais sans-souci, les Ramiers…

Ces bâtisses sont situées dans la partie septentrionale d’Haïti, dans le Nord du pays et plus précisément dans la commune de Milot, sur une superficie d’environ 25 km2. En 1978, l’ensemble de monuments historiques dont la chapelle royale de Milot va prendre le nom de Parc national historique Citadelle Sans-souci Ramiers (PNH-CSSR) par un décret présidentiel afin de préserver le cadre naturel des végétations luxuriantes.

Restorations

L’histoire témoigne qu’Henry 1er était de croyance catholique, d’où la nécessité pour lui à l’époque de doter son royaume d’une église. Construite entre 1810-1813, la chapelle est l’œuvre de l’architecte  Joseph Chery Wallock.

Du haut de ses 210 ans, la chapelle royale arborait fièrement son magnifique dôme circulaire de 27.50 mètres de diamètre, faite de mélange d’asphalte et d’amiante. Elle a par ailleurs connu deux restaurations : une première en 1930 pendant l’occupation américaine et une deuxième en 2018. Durant le premier travail, le dôme a été remplacé par un autre identique, en bois, plus proche de la modernité.

Récemment, la chapelle du roi bâtisseur a fait l’objet d’une étude symbolique réalisée par l’ingénieur géologue Claude Prepetit et publiée en 2018 dans le quotidien le Nouvelliste. Selon l’ingénieur Prepetit ce bâtiment historique possède des portées ésotériques. « Ne représentait-elle pas, à l’entrée du palais Sans Souci, un catalyseur de la conscience humaine et des énergies de la nature qui émettait des ondes de formes positives et bénéfiques au royaume du roi Henri ?», se questionne ce dernier.

L’incendie

Dans la nuit de dimanche à lundi 13 avril 2020, la chapelle de Milot, l’une des plus anciennes églises bâties par la première nation noire indépendante, a été ravagée par un incendie. L’évènement est d’une tristesse sans pareille. La cause de l’incendie n’a pour l’heure (20 avril) pas encore été élucidée.

L’ensemble des monuments du PNH- CSSR demeure sous la protection de l’Etat haïtien par la Loi de 1941 et de l’Institut de sauvegarde du patrimoine national (ISPAN), organe étatique en charge de son administration. Toutefois, l'UNESCO entend apporter son aide dans le cadre des efforts pour la remise sur pieds de la chapelle royale, selon les propos du sous-directeur général pour la culture de l’UNESCO, M. Ernesto Ottone.

« Nous espérons que, malgré les contraintes imposées, en Haïti aussi, par la pandémie du Covid-19, il sera possible d’intervenir d’abord pour analyser avec précision la situation et les besoins, puis pour envisager des solutions en ligne avec la Valeur universelle exceptionnelle de ce site. Nous sommes bien évidemment aux côtés d’Haïti dans ce drame » lit-on dans un communiqué paru le lendemain du drame.

Eberline Nicolas

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