Dimanche 8 Décembre, 2019

« Kraze Lit La », un autre coup de gueule de Blaze One qui fait réagir

Crédit FB Vètè alaparèy

Crédit FB Vètè alaparèy

Après avoir épaté plus d’un avec sa « Lèt konsyan », dans laquelle il s’est adressé à ces personnalités ayant squatté des postes dans l’administration publique, Blaze One, de son vrai nom Sénora Élysée, lâche à présent « Kraze lit la », un opus qui s’inscrit dans la lutte actuelle du peuple haïtien. Et qui provoque certains.

« Kraze lit la » ("affaiblir ou détruire la lutte populaire"), un titre bien évocateur ou provocateur. Partagé sur les plateforme en ligne mercredi 6 novembre, le clip est salué par les internautes et suscite de nombreuses réactions - pas toutes joyeuses. Un texte dans lequel le rappeur met en doute l’implication de divers acteurs dans cette bataille dans laquelle se livre la population haïtienne depuis peu. Selon les mots de l’artiste, certains protagonistes ne font que tirer partie des mouvements de revendication.

 

Le titre "Kraze lit la" va de pair avec certains commentaires déjà évoqués par d'autres voix pour dénoncer certains secteurs qui se sont tour à tour mis au devant de la scène dans le cadre des protestations auxquelles on assiste depuis plus de huit semaines. Blaze One lui-même, qui accuse certains artistes de vendus, chante dans son refrain: « Atis yo Kraze lit la, yo pran kòb nan men boujwa pou yo fè mach... ».

Par ces propos, l'homme qui se surnomme "Vètè" valide, tout au moins pour lui-même, les accusations selon lesquelles des artistes auraient reçu de l'argent pour organiser les deux marches dominicales dans l'objectif d'exiger le départ du président de la République. On se rappelle le succès qu'ont connus ces deux dimanches. De grosses foules se sont jointes aux stars comme Izolan, Tjo Zenny, King Kino entre autres, pour demander à l'équipe de Jovenel Moïse d'abandonner le pouvoir.

 

Dans ce texte, les hommes d'affaires Réginald Boulos, Dimitri Vorbe, les sénateurs Youry Latortue, Joseph Lambert entre autres sont indexés par l'activiste. Ces derniers auraient, selon lui, affaibli l’élan de la lutte du peuple contre "le système".

Rédigé principalement pour s’adresser à des artistes, ce texte auquel le rappeur a consacré deux jours, n'a pas laissé indifférents certains de ces collègues. C'est le cas de Pierre Harry Dumorney dit Doc Filah, qui a sorti jeudi une note dans laquelle il salue le courage de Sénora Élysée tout en l'appelant à la réserve, pour ne pas "causer du tort sans raison" aux autres. "Je ne vendrai jamais ma conscience", insiste le rappeur dont l'image a été utilisée dans le clip de "Kraze lit la".

PA KOZE TÒ SAN REZON

Blaze one se yon atis ki travay anpil, ki fè anpil efò, ki merite respè. Men, fòk li konnen, Lit sa kap mennen an se pou tout pèp Kiskeyen an. pic.twitter.com/gjDYngoyUY

Le rappeur Bricks du groupe Barikad Crew a lui aussi réagi sur la chanson. Sur Instagram, Edner Junior Semervil dit estimer que Blaze One est "allé trop loin" dans ses propos. Tous les artistes ne sont pas les mêmes, souligne Semervil qui rappelle avoir lui aussi participé à de nombreuses manifestations, sans pour autant recevoir de l'argent de personne.

Soulignons par ailleurs que Pierre Harry Dumorney dit Blaze One, face à ses réactions, s'est prononcé sur Instagram en soutenant notamment que certains artistes dont Doc Filah, Matyas, Wòklò, ne sont pas concernés par ce qui a pu être dit dans ce morceau. En interview avec Loop, le rappeur indique cette oeuvre est aussi un appel aux politiciens. « Tout politisyen yo se atis tou (tous les politiciens sont aussi des artistes » nous a-t-il confié, tout en indiquant que pour lui, le changement tant souhaité pour le pays ne sera possible qu’en chambardant le système.

La rédaction, avec Darline Honoré

 

Recevez gratuitement les dernières nouvelles d'Haïti et d'ailleurs directement sur votre téléphone en téléchargeant l'App de Loop News :