Mercredi 19 Décembre, 2018

Khashoggi: la Turquie demande l'arrestation de deux proches du prince saoudien

MBS continue à nier toute implication dans le meurtre du journaliste. © FAYEZ NURELDINE / AFP

MBS continue à nier toute implication dans le meurtre du journaliste. © FAYEZ NURELDINE / AFP

La Turquie a demandé mercredi l'arrestation de deux proches du prince héritier d'Arabie saoudite Mohammed ben Salmane en lien avec le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi, accentuant la pression sur le dauphin saoudien, mis en cause mardi par d'influents sénateurs américains.

Le général al-Assiri, ancien chef-adjoint du renseignement saoudien, et al-Qahtani, ex-conseiller "médias" à la cour royale, sont deux membres de la garde rapprochée du prince héritier saoudien.

M. Khashoggi, un éditorialiste saoudien critique de Ryad qui écrivait notamment pour le Washington Post, a été tué le 2 octobre dans le consulat d'Arabie à Istanbul, où il s'était rendu pour effectuer des démarches administratives.

Et alors que le président américain Donald Trump s'est érigé en allié indéfectible du prince héritier, des sénateurs républicains ont affirmé mardi, après avoir été informés des conclusions de la CIA, n'avoir "aucun doute" sur le fait qu'il avait "ordonné" le meurtre de M. Khashoggi.

Le ministre américain de la Défense Jim Mattis a cependant indiqué mercredi chercher encore des preuves pour désigner le responsable de ce crime.

M. Graham "est un sénateur et il a droit à ses opinions", a également répondu M. Mattis.

Après avoir affirmé dans un premier temps que Jamal Khashoggi avait quitté vivant son consulat à Istanbul, l'Arabie a fini par reconnaître, sous la pression internationale, que le journaliste avait été tué et démembré à l'intérieur de la représentation diplomatique.

"A ce jour, nous n'avons pu obtenir aucun élément de la part de l'Arabie saoudite concernant l'enquête", a déploré mercredi le chef de la diplomatie turque Mevlüt Cavusoglu. "Il faut qu'ils soient transparents, qu'ils partagent ce que révèle leur enquête".

Le mois dernier, le procureur général saoudien a annoncé que parmi les 21 suspects détenus en lien avec l'enquête sur le meurtre, 11 avaient été inculpés. Il a requis la peine de mort pour cinq d'entre eux.

Quant à al-Qahtani, il fait partie des 17 responsables saoudiens visés par des sanctions annoncées mi-novembre par le Trésor américain, "pour son rôle dans la préparation et l'exécution de l'opération" contre le journaliste.

Pour un haut responsable proche de l'enquête turque, la requête du bureau du procureur d'Istanbul visant les deux suspects saoudiens illustre le fait que, dans l'esprit d'Ankara, "les autorités saoudiennes n'agiront pas formellement contre ces deux individus".

Les enquêteurs turcs ont fouillé le consulat et la résidence du consul saoudien à Istanbul, ainsi que deux villas dans le nord-ouest de la Turquie. En vain.

D'après les images diffusées par les médias turcs, l'acteur deux fois oscarisé s'est notamment rendu devant le consulat saoudien avec son équipe de tournage.

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