Mercredi 21 Août, 2019

Haiti: Kay Fanm poursuit sa lutte contre la violence envers les femmes

Célébration de la journée internationale de lutte contre la violence envers les femmes, le dimanche 25 novembre. L’occasion pour l’organisation « Kay Fanm » de faire le point autour des cas de violences à l’égard des femmes recensés et traités. Cette structure de défense des droits de la femme informe avoir traité 362 cas de violences contre des femmes pour la période allant de janvier 2017 à juin 2018.

44% de ces cas de violences sont perpétrées contre des filles et les 56% concernent des femmes. « 89% des violences sexuelles sont perpétrées envers des filles et 11% contre des femmes », indique Kay Fanm déplorant les obstacles auxquels font face les victimes qui ont eu recours à la justice afin que leurs bourreaux puissent répondre de leurs actes notamment lorsqu’il s’agit des hommes en position d’autorité.

Kay Fanm continue de dénoncer le fait que des femmes de tout âge sont quotidiennement l’objet de toutes formes de violences dans tous les milieux où elles peuvent se trouver. Fort de ce constat, Kay Fanm se dit déterminée à poursuivre son plaidoyer pour la mise en œuvre du Plan national 2017-2027 de lutte contre les violences envers les femmes.

Kay Fanm regrette qu’en dépit des efforts consentis, les incompréhensions quant à la violence à l’égard des femmes ne disparaissent pas. L’organisation évoque les arguments avancés par certains, selon lesquels des femmes exercent des violences envers les hommes ou envers d’autres femmes. Afin que nul n’en prétexte ignorance, Kay Fanm le clarifie : « tout acte de violence impliquant une femme ne constitue pas de la violence envers les femmes. La violence à l’égard des femmes est spécifique, car fondée sur la condition féminine et donc les rapports de pouvoir entre les sexes.

Plus loin, Kay Fanm déplore que la conjoncture actuelle marquée notamment par des marchandages politiques, des exactions des gangs, l’insécurité, le dysfonctionnement du système de justice, intensifie la vulnérabilité des femmes et des filles par rapport à la violence.

Des cas de violences á l’égard des femmes sont de plus en plus récurrents dans la capitale haïtienne. On se souvient des bleus apparus partout dans le corps de la mairesse de Tabarre Nice Simon après avoir reçu des coups et blessures de son compagnon Yves Leonard, et de Jucelène Jean-Charles, cette employée de la Sogebank battue mortellement par son mari. Des actes qui révulsent certes la société mais qui restent dans la plupart des cas impunis.

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