Mercredi 1 Avril, 2020

KATIZANA, un atelier de dessin au sein du pénitencier national d'Haiti

Photo : Vue de l’entrée du pénitencier National - Crédit - Photo : HPN

Photo : Vue de l’entrée du pénitencier National - Crédit - Photo : HPN

En vue de nouer des relations avec le monde extérieur au-delà des murs carcéraux, certains détenus ont mis sur pied un atelier de dessin pour se socialiser et exposer leurs talents tout en espérant de gagner un peu d’argent.

Même en prison, ils décident de dessiner leur rêve. Pour faire face à leur situation de misère, la détention préventive prolongée et l'indifférence des responsables de la justice, un groupe de détenus au pénitencier national a organisé un atelier de dessin baptisé KATIZANA.

Fondé depuis presque 12 mois, KATIZANA, ce groupe d’environ 10 détenus dessinateurs au pénitencier national compte présenter/exposer des tableaux en dessin ou en peinture pour gagner de l’argent. L’un des pionniers du mouvement croit que, si vraiment le projet atterrit et attire la sympathie de la société, le groupe trouvera surement assez de frais pour payer les honoraires des avocats.

En attendant, ils se débrouillent afin que les dessins réalisés soient vendus à un prix qui leur permettront d’acheter les produits cosmétiques tels des savons, brosses à dents et dentifrices, qui leur sont souvent refusés par les geôliers du pénitencier national.

Pour faire face à leur situation, ils travaillent à leur propre survie et essaient de trouver les moyens de sortir de l'enfer carcéral. Selon le porte-parole qui ne souhaitait pas s’identifier, KATIZANA, c'est aussi un moyen pour ces artistes du Pénitencier national de vaincre le suicide, la dépression ainsi que les autres facteurs psychologiques pouvant entrainer des comportements antisociaux.

Selon le porte-parole, c’est le meilleur dénominateur commun qu’il puisse y avoir entre codétenus. II précise le fait que les prisonniers n’ont pas le même niveau d’éducation, ni les mêmes croyances et religions. Les facteurs de différenciation et de divergence peuvent à n’importe quel moment prendre le dessus, dit-il. Conscient que la différenciation crée souvent l’indifférence au sein de ce centre carcéral, réunit un grand nombre de prisonnier sur un même pied d’égalité est acte de leadership positif.

Le prisonnier dit regretter par ailleurs que l’Etat ne crée pas de conditions de réinsertion pour les détenus et que ce sont les détenus eux-mêmes qui sont en train de créer leurs propres stratégies. C’est révoltant clame-t-il sous un ton assez haussé.

Si ce mouvement est déjà accueilli par une bonne partie de l’opinion publique, un facteur de blocage est à considérer selon le porte-parole de l’atelier. Il souligne qu’il est important de trouver un moyen comme canal pour écouler les œuvres produits pour en gagner de l’argent.

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