Mercredi 26 Septembre, 2018

KALASH en Haïti : la première d’un artiste martiniquais de dancehall

Le chanteur Kalash se produira pour la première fois en Haïti les 23 et 24 mars prochain.

Le chanteur Kalash se produira pour la première fois en Haïti les 23 et 24 mars prochain.

Leslie Manigat expliquait déjà, au début des années 2000, que la musique haïtienne se diversifie de temps à autre avec la pollution de vibrations qui viennent de l’extérieur. Il a fait cette approche en écoutant le disque Haitiando (CubAyti, mini records 1999) du producteur Fred Paul.

Une décennie après, nous n’avons pas encore franchi d’autres paliers pour pouvoir penser autrement. Notre répertoire musical est garni de musiques étrangères. Le constat n’entretient aucun sentiment de xénophobie.

D’ailleurs, le disc-jockey Jacques Sampeur Jr. rassure que ces artistes n’ont jamais témoigné d’une quelconque indifférence à l’égard du peuple haïtien. « Beaucoup de ces artistes étrangers, lorsqu’on les approche, ils se réjouissent de venir performer en Haïti », dit-il, en évoquant spécifiquement le cas du chanteur-rappeur d’origine martiniquaise Kalash qui se produira en Haïti, 23 (Tara’s) et 24 (Centre sportif de Carrefour) mars prochain.

Un discours réconfortant pour nos DJs qui se gavent de musiques étrangères. Sampeur Jr. reconnait toutefois que Kalash n’est pas (encore) de la trempe d’une Beyonce ou Rihanna, mais rien ne lui enlève sa couleur locale avec un teint Bob Marley qui l’a bercé dès sa tendre enfance en compagnie d’un papa à l’affût de cette légende.

 

Plusieurs raisons justifient l’organisation d’un concert de Kalash en Haïti, d’après Sampeur Jr. D’abord, le respect envers le drapeau haïtien parce qu’il l’a arboré un jour du 24 octobre 2016. Le producteur haïtien parle aussi des sujets abordés par l’artiste qui sont également de vrais problèmes auxquels les Haïtiens font face au quotidien : problème au niveau du ghetto, par exemple.  

« Les Haïtiens de n’importe quelle couche sociale vont adorer Kalash », prévient Sampeur Jr. « Il y a des gens qui apprécient votre culture, votre pays avant vous. Ça, c’est Kalash ! », réagit-il.

« L’amour de Kalash pour Haïti dépasse tout. Il est très motivé. Il attend le jour avec impatience », déclare Valérie Marcel de Vama, membre de l’équipe organisatrice de l’évènement (à côté de Jacques Sampeur Jr., PANFIRE UNITED et Radiotélévision Caraïbes).

Dans une entrevue, Kalash, de son vrai nom Kevin Valleray disait que « Je suis le porte-drapeau des Antilles ». Une appartenance réclamée en bonne et due forme par le chanteur de rap et dancehall qui a fait ses débuts dans les sound-systems underground dès 2003.

Aujourd’hui, il compte en effet 4 albums studio : (2010 : Kalash; 2013 : 2 #Classic; 2016 : Kaos Disque d'or Or et 2017 : Mwaka Moon), et une mixtape (2012 : Special K) à son actif.

« Nous savons que ce n’est pas facile de ramener un pareil artiste en Haïti, mais avions voulu apporter aux Haïtiens une expérience nouvelle », conclut tout heureux Jacques Sampeur Jr.