Mercredi 11 Décembre, 2019

Jovenel Moise: la corruption «infecte presque toutes les institutions»

Quand il s’agit de crier haro sur la corruption, Jovenel Moise ne prend pas de gants. « La corruption est devenue si endémique qu’elle infecte presque toutes les institutions du pays » déclare le chef de l’Etat aujourd’hui à RFI, alors qu’il est de passage à Paris pour prendre part au « One Planet Summit ».

« La corruption est un crime contre le développement » tance encore l’élu du PHTK, lui-même jadis accusé de blanchiment d’argent par l’Unité de Lutte contre la corruption lors de la campagne présidentielle. Il a depuis rejeté ces accusations.

Spécifiquement, Jovenel Moise dénonce en France la surfacturation dans l’acquisition des biens de l’Etat, des fonctionnaires « inactifs qui ne fournissent aucun service », sont parfois à l’étranger et qui reçoivent leur salaire.

« Ce système perdure depuis des générations » analyse Jovenel Moise. Et s’en défaire,  « requiert [de] la volonté et [du] courage politique ainsi que la compétence administrative et technique. J’entends poursuivre ce chemin pendant l’ensemble de mon quinquennat. La corruption est un mal absolu, conclut-il à la RFI ».

9 décembre dernier, Jovenel Moise faisait des déclarations similaires sur Facebook à l’occasion de la Journée Internationale de Lutte contre la Corruption. Cette lutte « n'est pas une propagande; ce n'est pas une posture, écrivait le chef de l’Etat. Ce n'est pas non plus un instrument de persécution politique » rajoutait celui dont les prises de position surviennent dans un contexte d’agitations causées par la sortie du rapport PetroCaribe.

Une quinzaine d'anciens ministres sont épinglés pour corruption et détournements de fonds publics dans ce rapport dont l'actuel chef de cabinet de Jovenel Moise et ancien ministre de l’Economie et des Finances, Wilson Laleau. Mais aussi le secrétaire général de la présidence et ancien ministre de la Planification, Yves Germain Joseph. Jeudi 30 novembre, le sénat n’a pas pu statuer sur le sort de l’enquête, faute de consensus entre les pères conscrits.

On dénombre néanmoins une tête coupée dans la croisade contre la corruption de l’administration en place. Il s’agit de l’ancien ministre Affaires sociales et du Travail Roosevelt Bellevue, limogé 29 août dernier dans une affaire de surfacturation de kits scolaires.

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