Mardi 18 Décembre, 2018

Jovenel Moïse avoue avoir nommé 50 juges soupçonnés de corruption

Le président Jovenel Moise lors de sa rencontre avec la communauté haïtienne en France. photo: Twitter/Président Jovenel Moise.

Le président Jovenel Moise lors de sa rencontre avec la communauté haïtienne en France. photo: Twitter/Président Jovenel Moise.

Le président de la République a profité de son déplacement en France dans le cadre de sa participation au sommet « One planet » pour rencontrer la communauté haïtienne résidant à Paris hier mardi 13 décembre. Devant quelques centaines de compatriotes dans la salle de Dock Pullman, pendant deux heures, Jovenel Moïse a fait l'éloge de ses réalisations et élaboré sur ses projets pour le reste de son quinquennat.  

Evidemment, il n’aura pas omis qui en Haiti, mobilise l'opinion publique : la corruption. Pour  illustrer son propos, le chef de l’Etat a révélé avoir été « contraint » de nommer des juges soupçonnées de corruption. Son récit des faits est rapporté par Radio One. « Le CSPJ m’a confié une liste de juges, car vous savez que c’est le président de la République qui doit signer, a expliqué le chef de l’État. Etant donné que j’avais appris qu’il y avait un vetting (enquête) en cours, j’attendais le rapport avant de signer. De mes sources, j’ai appris qu’il y avait une cinquantaine de juges soupçonnés de corruption. J’ai attendu pendant un mois. Il [le rapport] ne m'est jamais parvenu, jusqu’à aujourd’hui. C’est à la radio que j’ai appris que je ne voulais pas publier la liste des juges. Cela a provoqué une grève au niveau de la justice. Je n’avais pas le choix, j’étais obligé de publier la liste… Ce sont les mêmes qui font leurs propres vetting. Kase fèy kouvri sa… ».

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En septembre dernier, des juges ont déclenché une grève dans tout le pays à l’appel de l’Association professionnelle des magistrats, paralysant le fonctionnement des tribunaux pour protester contre le maigre portefeuille accordé au pouvoir judiciaire dans le budget 2017-2018 de la République. Ils exigeaient l’octroi d’une couverture d’assurance maladie fonctionnelle en faveur des magistrats, la dotation d’une allocation budgétaire adéquate au pouvoir judiciaire, la dotation aux tribunaux et cours des moyens logistiques et matériels de travail suffisant, la construction de bâtiments adéquats pour loger les tribunaux et les cours ainsi que la réhabilitation des bâtiments en mauvais état.

Pour tenter de calmer la colère des juges, le président Moïse a discuté avec les membres du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ) à qui il a promis « des réaffectations et des désaffectations ».

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