Mercredi 22 Novembre, 2017

«Journée de grève réussie», les syndicats promettent d'aller plus loin

Des journées de grèves sans limite seront bientot annoncées par les syndicats du transport en commun si le président ne revient pas sur sa décision de publier le budget dans Le Moniteur./Photo: Estailove Saint-Val

Des journées de grèves sans limite seront bientot annoncées par les syndicats du transport en commun si le président ne revient pas sur sa décision de publier le budget dans Le Moniteur./Photo: Estailove Saint-Val

Cette journée de grève « d’avertissement », prévue hier lundi 18 septembre par les syndicats de transports en commun, fut une réussite, selon plusieurs acteurs concernés même si elle n’a pas été respectée dans certaines villes de province dont Gonaïves et Cap-Haïtien. Le président a jusqu’à une semaine pour revenir sur sa décision de publier le budget dans le journal officiel Le Moniteur, menacent les syndicalistes.

Si dans les villes de province, la journée de grève n’a pas été totalement respectée, il n’en était pas de même pour Port-au-Prince où toutes les activités étaient au point mort. Banques, entreprises, écoles fermées : journée entièrement paralysée, avait constaté Loop Haiti qui était dans les rues. Plusieurs syndicats de transports se disent « satisfaits à 100% » et félicitent la population pour avoir apporté leur solidarité au mouvement en restant chez eux. Le sénateur Antonio Chéramy, a applaudit, hier lundi au micro de Radio Kiskeya, le courage du peuple haïtien qui a compris le sens des revendications.

« Appel à la raison »

Cette grève « d’avertissement » est lancée pour forcer le président Jovenel Moïse, actuellement à New-York pour participer à la 72e assemblée générale de l’ONU, à revenir sur sa décision de publier tel quel le budget dans le journal officiel Le Moniteur, s’il veut éviter que le pays tombe dans le chaos.

Changeux Méhu appelle le président à la « raison ». Le président de l’Association des chauffeurs et propriétaires d’Haïti (ACPH) déclare qu’une « loi de finances doit être en harmonie avec la volonté du peuple». Félicitant le directeur général de la Police pour les efforts déployés hier en vue d’assurer la sécurité des gens, Changeux Méhu, contacté ce mardi au téléphone, affirme que le mouvement des grévistes ne visent pas « à embêter le gouvernement mais pour défendre les intérêts des plus pauvres. On se bat pour qu’il y ait de l’équilibre dans le budget beaucoup plus penché sur le parlement et la présidence. »

Le président veut, au cours de son quinquennat, « rationnaliser les dépenses de l’État, combattre la corruption. Mais pourquoi ne pas punir les corrupteurs ? », se demande Mr Méhu. « Pourquoi ne pas chercher à identifier ceux qui ont bouffé l’argent du Petro-Caribe ? Pourquoi voulez-vous que ce sont les plus pauvres qui devraient payer la dette ? ». Le syndicaliste dénonce toute tentative d’assimiler son mouvement à la « manipulation » des acteurs économiques du secteur privé. « Le problème qu’on touche et ce qu’on déplore dans le texte à savoir l’augmentation brusque des taxes qu’on juge exorbitants est bien réel. La loi est là : nous ne sommes pas des ignorants », a-t-il fait savoir.

« Le président a jusqu’à une semaine pour écouter le cri de la population et faire taire tous les bruits autour de la question du budget en prenant en considération les revendications exprimées par divers secteurs. Sinon, des journées de grève sans limite seront annoncées jusqu’à ce le président ait décidé le contraire. »

Rappelons que dans une nouvelle émission baptisée « Pawòl Chanjman », inaugurée sur la chaine publique, le président Jovenel Moise, avant son départ pour l'ONU, avait dévoilé son intention de publier le budget dans le journal officiel Le moniteur, tel que voté par les deux chambres du Parlement.