Dimanche 5 Juillet, 2020

«Jamais on ne va s’asseoir avec la police pour discuter de parcours »

Manifestation à huit branches programmée pour ce mardi matin 24 octobre à partir de 10h./Photo archives

Manifestation à huit branches programmée pour ce mardi matin 24 octobre à partir de 10h./Photo archives

Me André Michel est catégorique et ferme sur ce point : jamais l’opposition ne va s’asseoir avec la police pour discuter de parcours des manifestations. C’est ce qu’il a fait comprendre, tôt ce matin sur les ondes de Radio Caraïbes, quelques heures avant le lancement d’une grande mobilisation à huit branches qu’organisent les opposants ce mardi 24 octobre.

Le ministre de l’Intérieur et des Collectivités Territoriales, Max Rudolph Saint-Albin, accompagné du Secrétaire d’État Ronsard Saint-Cyr, auraient intimé l’ordre aux autres instances de l’État d’interdire la manifestation à huit branches prévues pour ce mardi matin à partir de 10h.

Selon eux, l’opposition n’a pas respecté les normes établies par les autorités en matière de point de rassemblement et devrait tenir compte des notifications ou trancher sur des modifications à apporter conformément au décret du 23 juillet 1987. La police semble ne pas avoir assez d’effectif pour sécuriser le parcours. De l’avis de ces hauts dignitaires, une manifestation à plusieurs branches serait une tentative de semer le trouble, de tromper la vigilance de la police. Ce que Maître André Michel dément fermement. « Une manifestation à huit branches n’est pas lancée dans l’objectif de semer le trouble mais pour mieux faciliter la mobilisation populaire », pour permettre à ce que plus de gens nichés dans plusieurs endroits de la capitale puissent se rallier à eux, selon ses explications.  

Il rappelle dans son intervention le contexte politique qui a vu naître le décret du 23 juillet 1987 : les militaires, pour museler ceux qui prenaient le chemin de la démocratie et de la liberté de manifester, l’ont promulgué pour faire taire la population. « Les mauvaises habitudes ont la vie dure. Très dure ». Cette tentative du ministre Saint-Albin vise à restreindre la liberté des manifestants. Selon l’avocat et militant politique, l’opposition agit conformément à ce que dit la constitution.

Moise Jean Charles, remonté contre le ministre Saint-Albin, déclare que cette journée de manifestation est toujours maintenue. « Ti Mari pa monte, Ti Mari pap desann. Mobilisation générale. La police va se débrouiller pour assurer notre sécurité », a lâché le leader de la plateforme Pitit Desalin qui rappelle par ailleurs que l’opposition n’en est pas à sa première mobilisation de cette envergure.

« La lutte qu’on mène aujourd’hui, c’est pour les plus pauvres. C’est un combat contre les faux chèques, contre la corruption. Des employés de l’ONA ne peuvent pas être rémunérés des mois durant, ainsi que des policiers. C’est un combat contre la vie chère, la misère. Que dit le ministre Saint-Albin de certains individus qui roulent des voitures sans plaques, non identifiés et qui ouvrent le feu sur des manifestants ? Le ministre sait très bien à quel jeu il joue  », a fait savoir le sénateur Antonio Chéramy.

Mr. Saint-Albin annonce que la police procédera à l’arrestation d’individus qui auraient en leur possession des sacs remplis de pierres, des armes à feu ou autres objets du genre, sujets à mettre la vie d’autres gens en danger. Ce que Don Kato et André Michel nient.


« Si vous surprenez un individu qui a en sa possession de tels objets, que vous le traduisiez en justice. On ne pourra rien faire en sa faveur », indique André Michel qui affirme par ailleurs que jamais l’opposition ne va s’asseoir avec la police pour discuter du parcours des manifestations. « La prochaine fois, elle aura dix branches. La police sera toujours informée de sa tenue mais on ne s’assoit pas avec la police. Quand PHTK prenait les rues, on ne lui avait pas exigé d’en faire autant ».

Printemps Bélizaire, député Lavalas, estime qu’il y a un peu de Roger Lafontant dans le comportement du ministre de l’Intérieur. Pour lui, Max Saint-Albin s’érige en bourreau, musèle l’opposition et tente d’astreindre les gens à leur liberté de manifester, de tuer tout mouvement populaire et d'écraser les opposants.

Les manifestants vont s’attrouper et se rallier dans plusieurs points pour parcourir les communes  et quartiers  Delmas, Pétion-Ville, Port-au-Prince, Bel-Air, Lasalin, Champ de Mars, Avenue de la République (où loge le palais présidentiel), le point d’arrivée des protestataires.

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